ENQUÊTE DU SDF SUR LA CRISE ANGLOPHONE

Le ton du Social Democratic Front (Sdf) est particulièrement dur quand il parle de l’attitude du président Paul Biya par rapport à la crise actuelle dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. A l’issue de sa dernière réunion le 27 mai dernier à Bamenda, le Comité exécutif national du Sdf «prend acte au régime de M. Biya qui mène une guerre non déclarée contre les citoyens des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ».Le Comité exécutif national du Sdf souligne aussi dans les résolutions de cette rencontre le fait que « le régime de Biya négocie régulièrement avec des terroristes connus de la secte Boko Haram, déboursant d’importantes sommes d’argent pour la libération d’otages alors que les membres de la société civile avec lesquels son régime était en négociation et devait maintenir le dialogue ont été enlevés, déportés à Yaoundé et sont accusés de terrorisme ».
Après avoir posé et élaboré ce diagnostic par rapport à la crise anglophone, le Sdf a envisagé une solution : descendre sur le terrain pour mener une enquête. Le parti a notamment annoncé la mise sur pied « une commission spéciale pour faire un rapport exhaustif sur les meurtres et les violations des droits de l’homme dans les régions du Nord-Ouest et du Sud Ouest depuis le début de cette crise ».
L’annonce du Sdf a toutefois suscité un certain nombre d’interrogations.
Comment le parti comptait se prendre pour mener cette enquête ? De quel type d’enquête est-il question ? Jean Tsomelou, le secrétaire général du Sdf, que nous avons approché précise que la commission mise sur pied est constituée des conseillers juridiques du parti, avec à leur tête le député Mbah Ndam. « Ils vont aller sur le terrain pour savoir combien de personnes ont été tuées. Combien sont en prison ? Combien sont portés disparus ? Combien sont en fuite à l’étranger ? Combien d’étudiants ont été violés ? », indique Jean Tsomelou. Et quelle sera la finalité de cette enquête et du rapport en découlera ? « Nous allons rendre public ce rapport et le transmettre à qui de droit », répond le Sg du Sdf.
Selon nos sources l’idée de la mise sur pied de cette commission est venue de la difficulté que l’on avait au sein du parti à dire avec exactitude le nombre de personnes victimes d’abus au cours de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud Ouest. « Lors de la tournée du Chairman auprès des milieux diplomatiques, il n’était pas toujours capable de donner un nombre exact de personnes tuées ou arrêtées », nous indique une source proche du Sdf.
On imagine donc que le rapport de l’enquête pourrait également servir à présenter à la communauté internationale une situation exhaustive des actes de violences perpétrées par les forces de l’ordre à Buea, Bamenda et d’autres villes des régions anglophones du Cameroun.

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