COMMENT SAMUEL EBOUA EN SERVICE À LA PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE DEVINT PDG DE LA CAMEROON AIRLINES EN 1972

Six mois à peine après le premier vol de la nouvelle société Cameroon Airlines, les nouvelles parvenues aux autorités ne sont pas rassurantes. Il est signalé l’interférence des influences extérieures qui ne plaident pas en faveur des intérêts nationaux. L’apogée de la lutte de ces différents intérêts se situe au moment du choix du type d’appareil dont Cameroon Airlines devra se doter. 

C’est dans ce contexte qu’un matin, Amadou MOULIOM NJIFENDJOU le P-D.G de la jeune compagnie, un ami à moi, débarque à mon domicile, venant de Douala. Il m’apprend qu’il a une réunion au ministère des Transports, département qui assure »‘ la tutelle de la compagnie, à 16h. Il s’agit de ce genre de réunion sans ordre du jour, qui inquiète souvent les responsables des sociétés d’Etat. En effet, en sa qualité de Président-directeur général, c’est lui qui élabore l’ordre du jour de toutes les réunions de la compagnie et qui les préside. Or le Conseil d’Administration extraordinaire auquel il vient assister est convoqué par le ministre de tutelle, qui ne lui a pas accordé au préalable une audience. Il ignore par conséquent l’objet de la réunion. Je me rends au bureau après qu’une chambre lui ait été apprêtée, en attendant qu’on déjeune ensemble à 13h. 
C’est vers 11 h que l’aide de camp m’annonce que le Président m’attend dans son bureau. A peine suis-je assis en face de lui qu’il me dit: “Eboua, j’ai décidé de vous envoyer à Douala comme Président-directeur général de Cameroon Airlines. Une réunion se tiendra au ministère des Transports à 16h au cours de laquelle vous serez présenté aux Administrateurs camerounais comme candidat à élire demain au Conseil d’Administration extraordinaire au poste de Président-directeur général, en remplacement de l’actuel P-D.G. fi faudra vous rendre à cette réunion”. 
J’étais embarrassé. Mon ami se trouvait à mon domicile, et nous allions déjeuner ensemble dans moins de deux heures. Il était convoqué par le ministre de tutelle pour une réunion de concertation précédant le Conseil d’Administration extraordinaire du lendemain, et il ignorait tout de l’ordre du jour.
En débarquant chez moi comme d’habitude, il s’attendait certainement à ce que je lui dise de quoi il était question. Qu’allais-je lui dire? Qu’il quittait la compagnie, et mieux, que c’est moi qui allais lui succéder? Je décidai de ne rien lui dire dans l’immédiat, et de ne lui révéler l’objet de la réunion que lorsque nous nous rendrons ensemble au ministère des Transports à 16h. 
C’était sans compter avec les méthodes de travail d’Ahidjo. A peine avions-nous terminé de déjeuner qu’un coup de téléphone retentit, m’annonçant que le Président m’attendait dans ses appartements. Je m’y rendis. Nous examinâmes un certain nombre de dossiers, à tel point que je ne sortis de là que pour me rendre à la réunion du ministère des Transports à 16h, sans avoir eu le temps de révéler quoi que ce soit à celui qui avait cessé d’être le P-D.G de la Camair. 
Source: Ahidjo et la logique du pouvoir Pages 34-35

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