CAMEROUN: L’ARMEE DE L’AIR GANGRENEE PAR LES RESEAUX DES VIEUX OFFICIERS

L’armée de l’air, sous le commandement du général de brigade Jean Calvin Momha, chef d’état-major, est comme les autres corps de nos forces armées, une charogne et un sac de frustrations.
L’État du Cameroun dépense beaucoup d’argent de nos contribuables (239 milliards FCFA prévus en 2017) pour le fonctionnement de la défense, en plus des aides des pays étrangers et des opérateurs économiques et citoyens lors des cotisations comme le «l’effort de guerre contre Boko Haram».

Une partie des dépenses de la défense va dans la formation des techniciens à l’extérieur du pays dans le cadre de la coopération militaire, à l’exemple de la formation actuelle aux Etats-Unis qui a vu la désertion d’un nombre d’éléments, mais aussi en Europe.

Les pilotes lourdement formés à l’étranger sont soumis à des frustrations intenables.

Dans la base aérienne de Douala, il y’a trois aéronefs (petits avions) Lockheed C-130 Hercules pour le transport des militaires. Leur entretien et leur pilotage sont confiés aux colonels Mbolo Joachim Bienvenu et Ndjalle, commandants de bord. Ces deux colonels sont déjà à la retraite, mais le général Momha leur a accordé trois ans supplémentaires pour rester en poste comme pilotes. Signalons ici qu’un pilote doit être en parfaite santé physique pour pouvoir opérer les vols.

Il y’a également sur cette base un AF-6 (Airtech CN-235) avec deux commandants de bord, les colonels Ngue Baha Georges et Ossomba Etienne, tous également des retraités.

Le problème c’est que nos pilotes militaires travaillent tous à la limite de l’âge.

Pourtant, une bonne poignée de jeunes pilotes lourdement formés à l’extérieur trainent à la base aérienne de Douala, n’ayant rien à faire, parce que les vieux officiers monopolisent tout.

Pire, à cause de l’incompétence de ces vieux pilotes camerounais, les étrangers pilotent régulièrement les aéronefs de notre armée, tel un certain Antonio, de nationalité française, venu comme assistant technique, aujourd’hui pilote principal non officiel payé à prix d’or.

Tous les corps des forces armées camerounaises ont des problèmes de mauvaise gestion, de favoritisme, de vols et détournements divers, et de mépris pour le mérite. Un tel système, où l’épanouissement personnel sur la base des compétences affirmées est étouffé par les blocages de tout genre érigés par des vieux officiers s’accrochant à leurs postes par tous les moyens, est la cause des mécontentements généralisés, qui se manifestent sous forme de rage chez de nombreux jeunes officiers et soldats.

Faut-il attendre un incident pour se rendre compte de ce qui se passe de grave au sein de l’armée, parce que la Sécurité militaire (SEMIL) ne joue pas son rôle?

Avant hier, le journal français Le Point.fr publiait des détails inédits sur le réseau de blanchiment de l’argent volé au Cameroun par le colonel Mboutou et l’ancien Mindef Alain Mebe Ngo’o, portant sur les pièces détachées d’avions, les tenues militaires, les armes et tout ce qui touche aux marchés de la défense camerounaise. Le colonel Mboutou fut rappelé au Cameroun, après avoir été interpellé et entendu en France, pour être tout simplement affecté à un autre poste, sans la moindre demande d’explications. Paul Biya n’est-il pas le parrain big-boss des réseaux de blanchiment d’argent volé au Cameroun? Sûrement qu’il est le dirigeant réel du réseau Mebe-Mboutou.

Les vieux généraux, dont notamment le chef d’état-major des armées, le général presqu’aveugle René Meka, accusent de nos jours en toute chose le Mindef Joseph Beti Assomo, arrivé récemment à la tête de ce ministère infesté d’autant de magouilles, de réseaux et même de gangs. Il a trouvé sur place que ces vieux généraux et les anciens Mindef soutenus par le chef d’État, et les commandants de base ont enraciné des comportements mafieux difficiles à éradiquer, qu’il a toutes les peines du monde à identifier dès lors que la SEMIL, les services de renseignements à sa disposition, sont incompétents. 

Chaque jour, nous découvrons quelque chose de mauvais au sein de l’armée camerounaise qui, pour être reformée et modernisée, demandera certainement une grande rupture marquée par le nettoyage complet des vieux officiers et dirigeants civils qui la gangrènent.

Ndzana Seme

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