JULES KOUM KOUM TRAQUE MEBE NGO’O DEPUIS SA TOMBE.

D’une manière ou d’une autre, Edgar Alain Mebe Ngo’o finira par être arrêté et croupir dans une prison, que son protecteur et complice le dictateur Paul Biya le veuille ou non.
Le journaliste d’investigation Jules Koum Koum, fierté et héro du journalisme au Cameroun, avait commencé une très courageuse enquête sur la fortune insultante et sans cause d’Edgar Alain Mebe Ngo’o, à l’époque ancien délégué à la sûreté nationale et ministre délégué à la présidence chargé de la défense en poste. Le journaliste ouvrit des pistes d’autres investigations à mener, dont celle d’une société française curieuse, MagForce à qui Mebe Ngo’o attrbuait tous les marchés de la défense. Pour faire taire Jules Koum Koum, Edgar Alain Mebe Ngo’o le fit assassiner le 4 novembre 2011 par les tueurs de la sécurité militaire (Sémil, le service de renseignements de l’armée camerounaise) sur ordre de leur patron, le colonel Bidja Henri. 

Dans sa dernière lettre ouverte à Edgar Alain Mebe Ngo’o, faisant suite à un «droit de réponse» que ce dernier venait de publier dans son journal Le Jeune Observateur sous couvert d’un «Groupe honneur et fidélité» fictif, Jules Koum Koum donna les détails suivants sur les relations de corrupteur-corrompu liant MagForce et le Mindef Mebe Ngo’o, fondée sur la surfacturation des marchés publics de la défense, et laissait la porte ouverte pour une enquête sur les rétrocommissions percues par Mebe Ngo’o et ses hommes de main comme Maxime Mbangue.

Mais Koum Koum, conscient qu’il serait sacrifié pour avoir exercé la liberté de la presse au Cameroun, avait bien averti Mebe Ngo’o: 

«Si vous me faites assassiner, ce qui ne me fait pas peur, sachez que ni vous, ni vos enfants, vous n’aurez plus d’existence. Car il y aura toujours des gens qui vous demanderont des comptes.»

Après l’assassinat du brillant journaliste camerounais formé dans une école de journalisme en France, l’Office centrale de la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) ouvrit une investigation sur MagForce, soupçonnée du délit de «corruption d’agents publics étrangers» réprimé par les articles 435-1 à 435-6 du code pénal français. L’OCRGDF lui-même se fondait sur les révélations suivantes de Jules Koum Koum:

«A propos de surfacturation, vous m’obligez à reparler de MAG-FORCE que vous présentez comme un fournisseur sérieux. Comment expliquer aux camerounais qu’en temps de crise, vous ayez choisi comme fournisseur des équipements militaires, une entreprise dont les prix sont deux fois plus élevés que ceux des anciens fournisseurs ? Si les équipements militaires répondent aux mêmes normes internationales, seuls les prix peuvent déterminer un choix. Il est de notoriété

publique qu’en matière de prix, l’on n’élimine le mieux disant que lorsque certains intérêts ne sont pas garantis. Le choix de MAG-FORCE ne serait donc pas gratuit. D’ailleurs, je comprends fort bien que vous assuriez avec brio sa défense.

… Au vu de ces précisions, je ne peux m’empêcher de penser que cette société que vous dites française vous est assez familière. Ce qui explique sans doute l’agitation de votre conseiller Maxime Mbangue chaque fois qu’il s’est agi d’un règlement au profit de cette entreprise.

A ma connaissance, c’est la première fois qu’un ministre de la défense se donne autant de mal pour le règlement d’un fournisseur. N’avez-vous pas dépêché à Paris avant le 20 Mai dernier votre conseiller Max le terrible que vous avez logé à l’hôtel Meuris, au frais de l’état, pour récupérer un chèque au profit de MAG-FORCE ? … Malgré vos efforts de camoufler la vérité, celle-ci finit toujours par éclater. Mes lecteurs qui apprécient toujours la qualité de mes investigations seront pantois de découvrir ci-dessous le niveau de surfacturation de cette entreprise. Procédons à une petite comparaison des prix.

Les tenues de combat : 

anciens fournisseurs (18.285 Fcfa/pièce) ; MAG FORCE (22.350 Fcfa/pièce).

Les bérets : 

anciens fournisseurs (5.452 Fcfa/pièce) ; MAG FORCE (8.855 fcfa/pièce) ;

Rangers en cuir : 

anciens fournisseurs (20.540 Fcfa/pièce) ; MAG-FORCE (24.660 Fcfa/pièce).

Sur ces quelques produits sélectionnés, le lecteur constate que près de 4.000 francs Cfa ont été rajoutés à l’unité. Ce qui est énorme, compte tenu du volume des commandes. Prenez par exemple une commande de 30.000 rangers en cuirs, lorsqu’on gagne 4.000 francs sur chaque paire, cela fait exactement 120.000.000 Fcfa (cent vingt millions de francs Cfa) pour un seul élément d’une commande. 

On peut comprendre donc qu’avec un tel pactole on réalise en si peu de temps tout ce qui est énuméré plus haut. Car, comme vous le savez, aucune de vos réalisations ne s’appuie sur un crédit bancaire. Je vous mets au défi de prouver le contraire.»

Le journaliste Marc Leplongeon du journal Le Point.fr, sur la base des résultats de l’investigation de l »OCRGDF, écrit ceci:

«Exclusif #4. Comment le clan d’Alain Mebe Ngo’o, ex-ministre de la défense du Cameroun s’est fait entretenir par un marchant d’équipements militaires à Paris.

Paris 2014. Ils sont nombreux, cette année-là et les précédentes, à s’être fait arroser par Robert Franchitti, le patron de MagForce, une société d’équipement militaire qui vend uniformes, rangers, menottes, tonfa, torches, etc. Le colonel Mboutou, chargé des marchés de l’armée au Cameroun, fait partie de ceux qui en ont profité, tout comme le conseiller gouvernemental camerounais, le très influent Maxime Mbangue. Tous deux sont des proches d’Alain Mebe Ngo’o, ministre de la défense de 2009 a 2015, devenu depuis ministre des transports du pays.

Enveloppes de cash, costumes de luxe, nuits dans les palaces parisiens… Robert Franchitti a toujours soigné ses intermédiaires en vue de décrocher des marchés en Afrique, où le Cameroun occupe une place particulière. A un tel point que la presse locale a souvent grincé, ces dernières années, de l’omniprésence de MagForce, toujours là pour signer des marchés avec le ministère de la défense camerounais pour des millions d’euros…»

Dans son Exclusif #1, les activités d’une secrétaire de Robert Franchitti, patron de MagForce, sont dévoilées par son amant Damien:

«Elizabeth C. prépare des factures, se rend à des rendez-vous avec des intermédiaires, est «sollicitée pour distribuer des enveloppes d’argent», assure le témoin [Damien]. Épouses de militaires africains, conseillers ministériels… tous prennent leur part du gâteau. Lorsque Elizabeth C. [remettait] l’argent, Franchitti l’appelait en demandant: les courses sont bien faites? Ils utilisaient un langage un peu codé», explique-t-il.

Alertés par ce témoignage circonstancié, les limiers de l’OCRGDF se lancent sur les traces des corrupteurs, prennent en filature et mettent sur écoute les cadres de MagForce. Les policiers s’aperçoivent vite que les intermédiaires sont issus de tous les milieux: il s’agit la d’un chauffeur de bus embauche par la mairie de Levallois-Perret; ici, d’un banquier d’affaires; là encore d’une ancienne prestataire du ministère des Postes et Télécommunications du Cameroun, déjà condamnée à la prison ferme pour détournements des fonds publics…»

Et dans son Exclusif #4, on peut lire:

«En matière de pots-de-vin, Robert Franchitti ne lésine pas. En perquisitionnant dans les locaux de sa société, les enquêteurs français ont ainsi découvert qu’il rémunérait les hauts gradés de la police camerounaise via un contrat d’intermédiaire établi – pour plus de discrétion – au nom de leur épouse… Des précautions superflues, lesdits policiers ne s’encombrant pas de discrétion dans leurs échanges avec le patron de MagForce: «Bonsoir monsieur Robert, c’est Maurice, de la police camerounaise. Voici les numéros utiles pour les virements des commissions a la hiérarchie de la police», lit-on dans un email de décembre 2011».

Rappelons bien que Mebe Ngo’o était le patron de la police avant 2009 et qu’il y a laissé son réseau de corruption et des détournements des fonds publics. L’amitié entre Robert Franchitti, écroué depuis 2014, et Alain Mebe Ngo’o pue la corruption, la prise d’intérêt par un fonctionnaire et l’abus des biens sociaux, délits réprimés par le code pénal camerounais.

«Moins connues sont les relations très amicales entretenues par Robert Franchitti au plus haut niveau, notamment avec le ministre des transports en personne, Alain Mebe Ngo’o. En témoignent de nombreuses interceptions téléphoniques réalisées par les policiers de l’Office centrale de la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) en 2014. Les deux hommes sont à tu et à toi, discutent de la guerre contre Boko Haram («Sur le terrain, nous avons bien repris l’initiative»), philosophent sur le couple Hollande-Gayet («Tu vois, Alain, (…) comment il faut être prudent avec ces histoires de femmes»), ou encore de l’état de forme de l’ancien président Nicolas Sarkozy («Toi, tu es un politique. Tu sais qu’en politique, on n’est jamais fini»).»

Jules Koum Koum révéla bien qu’Alain Mebe Ngo’o utilisait son épouse Bernadette Mebe comme prête-nom (réprimé par le code pénal camerounais) pour dépenser l’argent qu’il percevait de la pègre qu’il a installée dans la police et l’armée (rétrocommissions sur les surfacturations des marchés publics, détournements des fonds publics, etc):

«Bébé Dog, tout le monde sait que vous êtes un homme dangereux. Comment un commis d’Etat peut-il devenir multimilliardaire en moins de dix ans ? Comment un seul homme dans un pays aussi pauvre que le Cameroun peut-il se retrouver à la tête d’une pareille fortune, sans pour autant être inquiété, ni attirer l’attention de l’IGERA ou celle de la CONAC ?… Présenter votre épouse Bernadette, ancienne dactylo à Aes-Sonel de Mvan à Yaoundé, comme une très grande femme d’affaires, en dépit de l’article 66 qui interdit d’affaire toute femme et enfant majeur de ministre, n’est-il pas une insulte à la pauvreté des Camerounais ?»

L’investigation de l’ OCRGDF a confirmé cette information quand Marc Leplongeon écrit:

«Le fils du ministre des transports camerounais hébergé à Paris par Franchitti.

Interrogé sur ces dernières en garde a vue, Robert Franchitti confiera louer un appartement sur l’île de Jatte, à Levallois-Perret, au fils du ministre des Transports camerounais, Didier Mebe. «Bernadette, la femme de Mebe, souhaite acheter l’appartement que je lui loue et je propose à Mebe de lui faire une remise sur les loyers en baissant le prix de l’appartement, confie Franchitti, avant de poursuivre, «Ils s’agit de faire baisser le prix de l’appartement en défalquant les loyers lors de l’acquisition. L’appartement vaut un million d’euros environ. Quand je parle [sur les écoutes téléphoniques NDLR] de justification pour être bien protégé, c’est parce qu’il ne peut pas acheter officiellement.»…»

Alain Mebe Ngo’o ne peut pas acheter officiellement cet appartement, finalement vendue à 650 000 euros soit 434 millions de francs CFA, à son propre nom, car cela est réprimé par le code pénal camerounais et son salaire depuis 10 ans ne le lui permet pas.

Correspondant de Reporters Sans Frontières, cette organisation de la protection des journalistes publia cette oraison: « Personne n’oubliera l’homme engagé et courageux qu’était Jules Koum Koum. Il ne reculait devant rien, sollicitait régulièrement les autorités camerounaises pour faire avancer la liberté de la presse dans son pays, distribuait pour Reporters sans frontières des bourses d’assistance à ses confrères ou leur rendait visite en prison. Il était pour nous un correspondant exemplaire, par son objectivité, sa détermination et sa présence active sur le terrain. La liberté de la presse perd l’un de ses plus ardents défenseurs», avait déclaré Jean-François Julliard, le secrétaire général de RSF.

Le délinquant et criminel en vadrouille, Edgar Alain Mebe Ngo’o, même entouré de la protection du dictateur Paul Biya, finira par se faire prendre. Il n’échappera pas à la justice française et internationale.

(1) MagForce et Robert Franchitti; 


 (2) Scène du lieu où Jules Koum Koum fut assassiné par un agent du Sémil nommé Yene usant d’un camion grumier; 


(3) Edgar Alain Mebe Ngo’o le délinquant et criminel)

N. Seme

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