Il y a 11 ans, Belinga Eboutou, l’homosexualité et l’hôtel du Hilton.

Il y a onze ans, le chef du Cabinet civil de Paul Biya poursuivit pour assassinat d’un présumé homosexuel. L’homme dont la notoriété dépasse celle des ministres auprès de Paul Biya reste l’un des un mystérieux personnage de la galaxie du Chef de l’État. En ce jour d’anniversaire, CameroonWeb revient sur cette affaire qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive et dont l’enquête n’a jamais été rendu publique.

L’article ci-dessus a été publié pour la première fois en 2006 par nos confrères de cameroon-info.net 
Les enquêtes à la Direction de la police judiciaire s’orientent de plus en plus vers le président de la Chambre de commerce et l’ambassadeur du Cameroun aux Nations unies…
Les flics de la DPJ ont repris à leur manière les opérations d’enquêtes sans pour autant négliger le travail amorcé à la DPPJ (Division provinciale de la police judiciaire). Selon des sources policières, une trentaine des personnes ont été entendues.
Ce sont, entre autres, des responsables et employés de l’hôtel Hilton, des clients de ce prestigieux hôtel au moment des faits, et des personnes pouvant aider à la manifestation de la vérité. Parmi ces clients prestigieux, deux hautes personnalités du Cameroun ont dû recevoir au moins à trois reprises la visite des enquêteurs. Il s’agit de Claude Juimo Monthé et Belinga Eboutou, respectivement président de la Chambre de commerce du Cameroun et l’ambassadeur du Cameroun aux Nations unies. 
Le cas particulier de Claude Juimo Monthé est, selon des sources concordantes, le plus préoccupant en ce moment à la Direction de police judiciaire. Les enquêteurs de la DPJ ont en effet voulu commencer “ par le plus simple, en ce sens que dans les médias, Monsieur Monthé a été accusé par un journaliste d’avoir corrompu certains médias pour étouffer cette terrible affaire. Il fallait donc partir de cet élément ”, pour reprendre une confidence d’un policier. Confrontation D’où la confrontation entre le journaliste Jacques Blaise Mvié et Claude Juimo Monthé.
De 9h à 12h, ce 17 octobre 2006, les flics ont voulu savoir “ s’il est vrai que Claude Juimo Monthé a contacté Jacques Blaise Mvié, lui a remis de l’argent et a quelles fins ”. Approché par Le Messager à la sortie de cette confrontation, Jacques Blaise Mvié, le Directeur de publication de “ La Nouvelle Presse ”, n’a pas voulu livrer la teneur de son face à face devant les enquêteurs avec Claude Juimo Monthé. Ce dernier lui-même a quitté la DPJ en début d’après-midi l’air serein. Il n’a non plus rien dit aux médias qui l’épiaient. Cependant, selon les informations glanées par Le Messager dans les coulisses de la sous-direction des stupéfiants et qui restent à confirmer, les thèses développées de part et d’autres sont allées dans deux sens.
Juimo Monthé aurait confirmé son contact avec le journaliste Jacques Blaise Mvié ; il aurait en outre confirmé avoir remis de l’argent à Jacques Blaise Mvié. Celui-ci, selon la première thèse, devait s’occuper “ de calmer les petits journaux et particulièrement le journal Nouvelle Afrique de Biloa Ayissi qui semblait beaucoup intéresser le Président Monthé”, indique une source. De nombreux soupçons Dans un autre sens des confidences recueillies par Le Messager à la DPJ, Claude Juimo Monthé aurait déclaré aux enquêteurs qu’il avait plutôt été contacté par Jacques Blaise Mvié.
A en croire le président de la Chambre de commerce, son interlocuteur lui proposait d’acheter des pages de son journal, La Nouvelle Presse, pour “ le laver ” des soupçons alimentés sur sa personne dans cette affaire de meurtre du jeune étudiant Narcisse Olivier Pokam Djomo. Un policier qui suit l’affaire explique : “ Le Président Monthé, futé, a alors estimé qu’il était mieux de s’intéresser au cas Biloa Ayissi qui, il y a quelques mois, l’avait mis dans son journal sur la liste des présumés homosexuels. Il était ainsi question de faire publier un communiqué lavant de tout soupçon d’homosexualité Claude Juimo Monthé dans Nouvelle Afrique, pour qu’aux yeux de l’opinion, celui-ci se contredise par rapport à ce qu’il a eu écrire sur son compte.
Les grands journaux, comme on les appelle, à savoir Le Messager, Mutations, et La Nouvelle Expression qui n’avaient pas relayé l’information des pratiques réelles ou supposées homosexuelles de Juimo Monthé, n’intéressaient pas ce dernier. Raison pour laquelle il aurait demandé à ce dernier de ne pas s’en occuper. ” A la DPJ, les enquêteurs tiennent à ne pas se laisser distraire par ces “ à côtés ” de l’affaire du meurtre du jeune Narcisse Olivier Djomo Pokam et qui ont directement trait à Juimo Monthé. 
Même si, dans l’esprit de la plupart des policiers, l’actuel Président de la chambre de commerce apparaît, aux regards de la contingence des circonstances comme le suspect numéro un. C’est pour cette raison que Claude Juimo Monthé sera appelé selon certaines confidences policières à se tenir de plus en plus à la disposition des enquêteurs, pour qu’il puisse élucider son emploi de temps du 21 août 2006 entre 9h et 12heures. 
Les autres L’autre personnalité qui semble attirer l’attention des enquêteurs dans cette douloureuse affaire est l’actuel représentant du Cameroun aux Nations unies. Il s’agit de Belinga Eboutou. Une information “ proche de la rumeur ”, pour reprendre un commentaire d’un homme politique du sérail, a signalé la rencontre à Yaoundé, il y a quelques semaines, de ce dernier avec certains directeurs de publication originaires de sa région d’origine.
Il leur aurait demandé “ de voler à son secours, et de le mettre hors de tout soupçon. ” Bien qu’ayant été rejeté par des proches de Belinga Eboutou que Le Messager a contacté, l’information ainsi distillée ne manque pas d’intérêt pour autant les enquêteurs. Loin s’en faut. D’où la probabilité d’une nouvelle convocation de Belinga Eboutou à la DPJ. Pour qu’il puisse donner des précisions sur son emploi de temps du 21 août 2006 en matinée à l’hôtel Hilton. 
L’étau se resserre donc autour de ces deux hautes personnalités. En attendant, les auditions à la DPJ continuent. Outre le bagagiste du Hilton qui fait depuis son interpellation l’objet d’une exploitation policière minutieuse, les responsables de ce prestigieux hôtel, en l’occurrence le Directeur général Roland Müntzer, étaient annoncés hier à la DPJ. Dans les prochains jours, ce sera le tour des clients bien identifiés au moment des faits.

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