LES «INTELLECTUELS» FRANCOPHONES, DONT ACHILLE MBEMBE, MENTENT EN COLLANT AUX ANGLOPHONES DE FAUSSES ÉTIQUETTES COLONIALES.

A L’HEURE OÙ SONT MASSACRÉS LES ANGLOPHONES, À QUI DES IGNORANTS GÉNOCIDAIRES DEMANDENT DE «RENTRER CHEZ EUX AU BIAFRA», 
TANDIS QUE CERTAINS «INTELLECTUELS» FRANCOPHONES AVEUGLES, SOUCIEUX DE CACHER LA HONTEUSE HISTOIRE DE L’INTERDICTION DE L’ESCLAVAGE SUR LES CÔTES CAMEROUNAISES PAR LES ANGLAIS À QUI S’OPPOSAIENT NOS ROIS CÔTIERS VENDEURS D’ESCLAVES, ACCUSENT LES ANGLOPHONES D’ÊTRE AVEUGLÉS PAR LE «MYTHE D’UNE COLONISATION HEUREUSE»,

À L’HEURE OÙ DES OPPORTUNISTES S’ACCROCHENT À LA RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN (LRC) NÉOCOLONIALE ET IGNORENT SON ILLÉGALITÉ ET L’ESCROQUERIE POLITIQUE DE SES AUTEURS, POUR REJETER EN BLOC LA RESTAURATION DU FÉDÉRALISME,

NOUS OUVRONS ICI UN PAN DE L’HISTOIRE POUR RAPPELER QUE LES «ANGLOPHONES» SONT AU SOUTHERN CAMEROONS, SUR LA TERRE DE LEURS ANCÊTRES, BIEN AVANT LA CRÉATION DU PAYS APPELÉ CAMEROUN.

L’erreur de l’étiquette coloniale systématiquement colée aux Anglophones est à la limite de la folie. Pourtant, la question identitaire anglophone n’a absolument rien de colonial. À travers son «mythe de la colonisation heureuse», on voit qu’Achille Mbembe, au-delà de la berceuse de ses phrases poétiques, s’est lui aussi planté sur ce sujet brûlant, emporté qu’il est dans son dernier article par la répétition (en guise de démonstration) par le régime Biya et ses agents d’un tel argument erroné. Le peuple, et même la nation anglophone est d’origine précoloniale. Car, avant la colonisation allemande et sa création du mot Kamerun il y’avait les anglophones.

Il est faux d’avancer que le «nationalisme anglophone» est «Fondé sur une conception mythologique des bienfaits supposés de la colonisation britannique», car les anglophones n’ont pas connu une telle colonisation britannique. Encore plus insultant envers les anglophones est le fait de réduire leur culture à un «repli… essentiellement victimaire… d’un peuple dont la caractéristique serait d’avoir été dupe, trompé et manipulé» quand on connaît les guerres ayant opposé les anglophones à l’occupant colonial allemand. 

À force de chercher à entretenir et plaire au rédacteur-en-chef du journal Le Monde et son lectorat français, l’auteur en vient à se répandre dans des arguments farfelus présentant les anglophones comme «nos compatriotes d’outre-Moungo un peuple ayant plus d’affinités avec les sujets de Sa Majesté la reine d’Angleterre qu’avec leurs voisins historiques: les Bamiléké, les Bamoun et Tikar de l’Ouest et du Nord-Ouest, ou les ensembles côtiers du Sud (Bakweri, Bakossi, Douala, Batanga». Pendant qu’on y est, il aurait dû aussi lister les Eton, Ewondo, Bulu, Bassa et pratiquement toutes les tribus du Cameroun dont les descendants sont anglophones, pour questionner sa conception de l’identitaire réduit à la tribu.

Nous devons nous élever au-dessus de la conception uniquement ethnique fondée sur la descendance d’un patriarche ancêtre pour apprendre du nationalisme éblouissant et vivant des anglophones camerounais que des groupes sociaux solidement unis se fondent autour de destins communs (esclaves libérés et lieux de travail dans ce cas) pour former des peuples, des nations. Les nations industrielles occidentales sont là pour l’attester. Les français ne puisent pas leur identité nationale dans un quelconque ancêtre commun aux francs, gaulois, et autres tribus historiques qui les composent.

L’étiquette coloniale facile est la plus grande expression de notre paresse intellectuelle et notre incapacité à regarder nos sociétés africaines autrement qu’à travers les prismes déformants de la perception occidentale que nous aimons tant caresser. La partage d’un même ancêtre n’est pas le critère universel d’identification d’une nation. Tout comme les français, les anglais, les espagnols et d’autres peuples à travers le monde, les anglophones du Cameroun ont une culture et une langue qui en font un peuple, une nation. Cela est un fait incontestable.

VOICI LA HONTEUSE HISTOIRE DE L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE SUR LES CÔTES CAMEROUNAISES PAR LES ANGLAIS ET DE LA NAISSANCE DU PEUPLE ANGLOPHONE.

VOICI UN PAN DE L’HISTOIRE DES ANGLAIS SUR NOS CÔTES AVANT LA CRÉATION DU CAMEROUN.

La lutte contre l’esclavage, ayant abouti à l’établissement d’un contingent militaire anglais dans l’île de Fernando-Pô en 1827 pour surveiller et neutraliser tout bateau négrier sur la côte du Golfe de Guinée était opposée aux protectorats et au colonialisme. La communauté anglophone est née de la lutte antiesclavagiste et de l’installation des esclaves libérés et des travailleurs divers sur les terres du Southern Cameroons à l’occasion de cette lutte.

La traite des noirs est le commerce des esclaves noirs. Ce commerce honteux avait commencé au XVème siècle en Afrique et avait duré près de 400 ans. Des navires appelés négriers en provenance de l’Europe venaient transporter les esclaves achetés ou troqués sur les côtes africaines contre des choses de peu de valeur comme le sel, le cuivre, le vin, etc., pour les transporter en Amérique, avant de revenir en Europe où ils vendaient les biens produits par ces esclaves. C’est ce qu’on a appelé le commerce triangulaire.

La vente des africains avait lieu dans les villages de la côte actuelle de Victoria (Limbe), les villages de Douala et Bonabéri, beaucoup plus pratiquée qu’elle était autour de l’estuaire du Wouri, mais aussi dans les villages aux l’embouchures de la Sanaga à Malimba et du Ntem à Campo. Le prix d’achat d’un esclave n’était pas fixe. Pour 8 ou 10 bracelets de cuivre, on pouvait avoir un esclave. On retrouve encore des spécimens de ces bracelets appelés « manilhas » au musée camerounais de Douala. 

Au 17ème siècle, un esclave coûtait deux ou trois mesures de vin d’Espagne ou deux poignées de cauris. A la fin du 18ème siècle, on utilisait plus comme monnaie d’échange, les étoffes, le sel, l’alcool, les armes. En général, les esclaves de la rive atlantique du Cameroun actuel étaient achetés à bas prix, parce qu’ils préféraient se donner eux mêmes la mort au lieu d’accepter la servitude. Les nations de nos ancêtres du Cameroun actuel avaient souffert terriblement de ce trafic honteux qui avait ravagé toute l’Afrique, et dont les tribus côtières étaient les principaux agents.

L’île de Fernando-Pô (Malabo aujourd’hui), située au large de la côte camerounaise, fut découverte en 1472 par un navigateur portugais du nom de Fernâo Do Poo. Des colons portugais venus de San Thomé l’occupèrent au début du 18ème siècle, avant de l’abandonner aux espagnols en 1777.

L’histoire a retenu que les Portugais résidant à Malabo aperçoivent le Mont Cameroun. Voulant l’atteindre, ils pénètrent dans l’estuaire du Wouri où ils trouvent beaucoup de grosses crevettes. Ils appellent le Wouri « Rio Dos Camaroes», ce qui signifie « la rivière des crevettes ». Les côtes du Cameroun actuel passent sous la dépendance espagnole, et Rio dos Camaroes devient « Rio Dos Camarones ». Cameroun vient donc de l’espagnol Camarones mais, le nom Cameroons fut d’abord fut d’abord donné par les anglais à Cameroons-town, leur comptoir du village des Douala, avant d’être adopté par les allemands pour devenir Kamerun et désigner le vaste territoire colonial continental à partir du 1er janvier 1901.

LES ROYAUMES COTIERS VENDEURS D’ESCLAVES

Les Douala sont un groupe de la grande famille Bantou qui peuple l’Afrique centrale. A l’origine, ils habitaient Pitti, sur la Dibamba. Ils seraient venus s’installer sur les bords du Wouri en 1706. Ils formaient un clan descendant d’un ancêtre appelé Mbédi. Ils n’avaient alors qu’un seul chef. Mais par la suite, le clan se divisa en deux familles : la famille Akwa et la famille Bell. Ce sont les chefs de ces familles qui signeront les traités avec les européens. 

Sur le plan religieux, les douala sont superstitieux. Ils s’adonnent au culte des « Miengu », un génie du fleuve. Mais ils croient en l’existence d’un Dieu créateur appelé « Nyambe », que les bulu appelent Zambe, et les beti Zamba, qui sont des variantes phonétiques du mot hébreux Yahwé.

Sur la rive droite, deux tribus ont joué un rôle analogue à celui des Douala : les Bakweri et les Isubu. Selon certains qui le tiennent de la tradition orale, les Bakweris seraient les descendants de Mbongo, qui est aussi l’ancêtre lointain des Douala, qui se seraient établis dans la région côtière du mont Cameroun aux environs de 1750. Quant aux Isubu, ils descendent d’Isuwula-Monanga. C’est à un de leurs chefs, Mbimbi-A-Mbela, qu’on doit le nom de la localité de Bimbia près de Limbe.

LES ANGLAIS

Ils sont les premiers à s’installer sur la côte du Cameroun dans le cadre de la lutte contre la traite négrière. Par des traités, ils abolissent l’esclavage, les sacrifices humains et assurent la protection des militaires. A partir de 1850, de nombreux commerçants anglais s’installent à Cameroons-town (un village des Douala). Pour régler les éventuels conflits avec les populations locales, une cours d’équité est créée le 14 Janvier 1856. En 1858 les Anglais fondent Victoria, car les Danois avaient dès 1833 acquis auprès du roi Isubu de Bimbia une partie de son territoire s’étendant jusqu’au Rio Del Rey où ils avaient installé les esclaves arrachés des négriers. 

Les anglais ne sont pas intéressés à annexer les territoires pour former des protectorats ou à coloniser les nations africaines, mais plutôt à mettre fin à la «traite des nègres». A cet effet, ils établissent plutôt des «comptoirs» (petits ports) où ils installent leurs compatriotes tout au long de la côte: à Rio Del Rey, Bimbia (Victoria), Cameroons-town (Douala), Malimba à l’embouchure de la Sanaga, Batanga à l’embouchure du Nyong, et Campo à l’embouchure du Ntem, tous des lieux où les bateaux négriers venaient depuis des siècles acheter des esclaves noirs, nos ancêtres capturés par les chasseurs d’humains et revendus aux Européens par les chefs côtiers. 

L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE ET LE GENDARME ANGLAIS

La langue Anglaise se repend sur la côte atlantique de l’actuel Cameroun. Mais malgré cette influence, les Anglais refusent d’assurer le protectorat sur le les côtes du Cameroun actuel, protectorat pourtant demandé par les chefs Douala à travers une série de lettres adressées en 1864; 1879 et 1881 à la reine d’Angleterre. Dans l’une de ces lettres les chefs Douala protestaient auprès de la reine Victoria d’avoir mis fin à la traite négrière qui leur était économiquement avantageuse.

Puisque ce commerce était pour les rois côtiers (Douala, Bakweris, Isubus, Bulu et Batanga et autres) une source importante de revenus, cela n’avait pas été facile de parler d’abolition. Il fallut aux anglais la promesse d’une indemnité pour que les chefs côtiers acceptent d’interdire le commerce des esclaves, et surtout d’introduire et de les inciter à adopter le commerce de l’ivoire et de l’huile de palme en remplacement du commerce des êtres humains.

C’est surtout l’Angleterre qui organisa la lutte contre la traite des esclaves sur le Golfe de Guinée et en particulier sur la côte du Cameroun actuel. En 1827, les anglais s’installent à Fernando-Pô (Malabo actuel) où ils fondent une colonie agricole et artisanale sous la conduite du Captain Owens. Pour lutter efficacement contre la traite négrière, ils vont imposer sa suppression aux chefs de la côte du Cameroun en signant avec eux des traités, dont les suivants :

Le traité du 10 Juin 1840:

ce traité stipule que les rois Akwa et Bell acceptent ne plus consentir ou permettre à leur peuple de faire la traite des esclaves ; et même s’ils voient un bateau négrier arriver dans le fleuve, ils en informeront un des croiseurs du gouvernement anglais se trouvant dans le voisinage, à condition que ce gouvernement leur donne annuellement le « dash ». Le dash était constitué de 60 fusils, 100 pièces de toile, 2 barils de poudre, 2 tonneaux de rhum, 1 uniforme écarlate avec épaulette, 1 sabre. Ce traité fut signé entre le king Akwa, le king Bell et les témoins anglais.

Le traité du 7 Mai 1841:

Ce second traité est signé dans le même but entre William Simpson Blount qui commandait le vaisseau anglais « Pluto » et le king Bell de Bell’s Town.

Mais malgré ces deux traités, la traite des esclaves continua clandestinement.

Le traité du 29 Avril 1852:

Ce traité reste le plus important de tous puisqu’il aborde plusieurs questions à la fois : abolition de la traite, interdiction des sacrifices humains, liberté religieuse, protection des missionnaires, création d’un cimetière chrétien. Ce traité est signé entre le consul anglais John Beecroft représentant du royaume britannique et les chef Douala. 

Peu à peu, la traite des esclaves cesse, mais malheureusement pas l’esclavage. En effet, l’esclavage existait avant la traite des nègres (commerce transatlantique triangulaire) puisqu’on distinguait les hommes libres, les serviteurs au service des hommes libres, et les esclaves qui n’avaient aucun droit. Même la femme avait une condition inférieure. On la considérait, et dans beaucoup de cultures africaines on continue de la considérer, comme un objet d’échange, une source ou un signe de richesse.

L’ŒUVRE DES ANGLAIS AU CAMEROUN

Dans cette période, les anglais ont beaucoup œuvré sur les côtes camerounaises. En 1845, le missionnaire évangélique anglais Alfred Saker s’installe à Cameroons-town (Douala) et, avec le missionnaire jamaïcain Alexander Fuller qui était maçon, non seulement ils baptisent les esclaves libérés et les locaux, dont un prince Douala sous le nom de Thomas Johnson et un esclave libéré nommé George Ekwe, ils enseignent à leurs fidèles à fabriquer des briques, à construire des «maisons en dur», et à pratiquer des cultures nouvelles cultures comme la papaye, l’ananas, et le chou caraïbe appelé macabo par les européens. 

Ces missionnaires baptistes fondent aussi une «école industrielle» (un collège technique). «La ville», qu’ils fondent à Cameroons-town, et plus tard à Victoria (Limbe actuelle), est un lieu où ils expérimentent les cultures du café, du cacao et du macabo (appelé likao à Vitoria et chez les Kpe de Fernando-Pô, dikao chez les Douala et akaba chez les Bulu), une plante tuberculeuse importée de Jamaïque à Fernando Pô (Malabo) par le pasteur Clarke et le docteur Prince, qui devient vite l’un des aliments de base du Southern Cameroons. La ville à Cameroons-town et à Victoria «se distingue vite sur la côte africaine par le grand nombre de ses artisans qualifiés, par ses ressources alimentaires, et déjà par sa modernité» (Laburthe-Tolra, op. cit.). 

En 1849, le consul John Beecroft règle un problème entre les populations et les commerçants anglais. En 1850, il préside une importante conférence qui aboutit au traité du 17 Décembre 1850. Ce traité est une véritable charte qui organise le commerce, le trafic du port, le péage, et la police de Cameroons-town. Il achèvera son œuvre avec le traité de 1852.

On peut ainsi résumer l’œuvre des anglais sur la côte du Cameroun actuel de 1827 à 1884, date du traité germano-douala donnant aux allemands le droit d’occuper et de coloniser les territoires continentaux derrière la côte :

1) abolition de la traite des esclaves par les traités et la lutte contre les bateaux négriers;

2) abolition des coutumes barbares, notamment l’exécution des prisonniers de guerre dans des rituels païens;

3) développement de l’agriculture, du commerce et des métiers ;

4) intervention anglaise dans la politique locale ;

c’est le consul John Beecroft qui préside l’élection du nouveau chef d’Akwa en 1852 ; le 14 Janvier1856 est crée la cour d’équité de Cameroons-town qui est un tribunal de commerce réglementant tous les cas possibles de conflits entre les navires anglais et la population de Cameroons-town ;

5) l’œuvre grandiose des missionnaires.

Dans tous ces efforts de banalisation du massacre des anglophones avec l’étiquetage des anglophones de tous les noms d’oiseaux et le travestissement de l’histoire, faut-il y voir l’esprit mercantiliste et esclavagiste des ancêtres côtiers d’un Elimbi Lobe, d’un Achille Mbembe et des génocidaires bulu ? Une étude serait à mener dans ce sens.

Source: Philippe Laburthe-Tolra, in «Christianisme et ouverture au monde», le cas du Cameroun (1845-1915); Cam Faith, Histoire du Cameroun : aux origines…

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