L’unité spirituelle de l’Afrique noire, La cosmogonie Bamileke

Les Bamileke sont un peuple des hauts plateaux de l’ouest du Cameroun originaire d’Egypte.

Leur départ d’Egypte est situé au 9e siècle. Leur colonne migratoire est notamment passée par l’empire du Kanem Bornou (autour du Lac Tchad). Au nord du Cameroun, ils ont eu maille à partir avec les Peuls et c’est au 12e siècle qu’ils s’établiront dans l’ouest de ce pays.

Ce qui veut dire que contrairement à d’autres peuples, les Bamilékés sont sortis très tard d’Egypte, alors que les migrations des Noirs depuis le pays civilisateur de l’humanité avaient commencé vers le 5e siècle avant JC, après l’invasion perse.

Le Cameroun comme beaucoup de pays d’Afrique est habité par de nombreux peuples d’origine égypto-nubienne. On peut citer aussi les Peuls, les Bamoun, les Bassa, les Fang entre autres.

L’architecture Bamiléké a conservé le style égyptien qu’on retrouve abondamment aujourd’hui au Mali et à l’ouest Cameroun. Les toitures des chefferies Bamilékés sont multi-pyramidales.

Concernant la cosmogonie Bamiléké, elle plonge ses racines dans la cosmogonie d’Iounou (Héliopolis) en Egypte. Nous allons donc faire un exercice comparatif entre la cosmogonie Bamiléké, la cosmogonie d’Iounou et les autres cosmogonies d’Afrique noire.

1) Un seul Dieu, qui est Energie

Le spiritualiste Bamiléké croit qu’un seul courant de conscience circule dans tout l’univers. Ce courant d’énergie, ce courant de vie, cette force que nous pouvons encore appeler puissance ou esprit imprègne tout l’univers et tous les êtres qui s’y trouvent.

C’est la même force qui s’exprime dans toute la Création et à travers toutes les créatures. Les Bamiléké lui donnent le nom de « Si ».

Le spiritualiste Bamiléké croit que Si est incompréhensible pour l‘esprit humain. Le Créateur pour les Bamilékés est considéré comme une entité parfaite, impersonnelle et essentiellement constructrice et positive dans sa nature et son action.

En Egypte, Imana/Amon (Dieu) est l’énergie initiale à l’origine de la création. Après être sorti des eaux primordiales désordonnées (Noun), il a mis son énergie (ka) dans les eaux pour que la vie se manifeste et que la création commence.

Les prêtres égyptiens disaient « di.ef ankh neb » c’est-à-dire « Il (Dieu) donne toute vie ». Personne ne l’a jamais vu, personne ne l’a jamais connu, personne ne l’a jamais sondé, d’où son nom Imana qui signifie Mystère/Caché, tout comme Mawu est insaisissable dans la spiritualité Fon du Bénin (Vodoun).

Dans la cosmogonie Fang d’Afrique centrale, il est dit d’Eyo (Dieu) « Eyô âng’ayô a ne viô » c’est-à-dire Eyo s’est alors multiplié comme des champignons. Ceci pour dire qu’il est également multiple de formes et de manifestations. Les Akan de Côte d’Ivoire et du Ghana disent dans le même sens que Nyame (Dieu) est spirituellement visible partout

Les Bamilékés, comme leurs ancêtres égyptiens et comme tous les Noirs d’Afrique déifient donc l’Energie initiale appelée Ngolo/Ngola chez les baKongo et Oum chez les Bassa.

Dieu est également un être essentiellement bon pour les égyptiens, car il dit « je n’ai pas ordonné qu’ils (les hommes) fassent le mal, c’est leurs cœurs qui m’ont désobéi »

2) L’Énergie initiale se trouve dans les ancêtres et dans la nature

Les Bamiléké s’adressent à Si à travers des intermédiaires tels que les ancêtres. Le spiritualiste Bamiléké pense que seule la vie existe. Il croit que le phénomène de la « mort » tel que nous le connaissons est purement illusoire.

A la mort, la force vitale se dissocie du corps et de l’âme, provocant la séparation définitive du corps spirituel d’avec notre corps matériel. On se sert aussi des éléments de la nature et souvent de l’état de Rêve pour s’adresser à Dieu.

Dans la cosmogonie égyptienne, c’est l’énergie d’Amon qui permet aux hommes et à tous les éléments de la nature de vivre. Les égyptiens adoraient également les éléments de la nature.

En réalité quand on s’agenouille devant un arbre, on transcende le matériel pour entrer en contact avec l’énergie. Lorsque l’homme meurt, son énergie lui survit donc selon une loi physique qui fait l’unanimité. La « mort » n’existe pas.

Il y a plutôt séparation entre le Ka (la force vitale) et le Khat (le corps matériel).

L’énergie du mort rejoint le Créateur et les autres énergies dans un endroit appelé Butdenga par les Mossi du Burkina Faso. A travers les ancêtres, c’est donc Dieu en réalité qui est adoré. L’adoration des ancêtres est générale en Afrique noire, Dieu est considéré comme le premier ancêtre. Les ancêtres morts sont appelés Razana par les malgaches et Muzimos par les Shona du Zimbabwe.

3) Dieu éternel

Les Spiritualistes Bamiléké, croient que Si, la Conscience unique, l’Energie universelle est sans origine et sans fin. En d’autres termes qu’elle n’a pas de borne et qu’il n y a pas de point identifiable où on peut affirmer qu’elle commence et ou elle finit.

En Egypte, Amon est Neb nehéhé, c’est-à-dire le Maître de l’éternité. Il est également Neb r djer c’est-à-dire le Maître de l’univers. Et il dit « Iou ra.i m héhé », c’est-à-dire « ma parole n’a ni fin ni commencement ».

Dans le même sens, pour les Akan, Dieu est Odomankoma c’est dire l’Être Dieu pour les égyptiens anciens est également sans origine précise car il n’a eu ni mère ni père, il s’est fait lui-même son œuf.

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