LA RÉVOLTE DES TRAVAILLEURS DE DOUALA (CAMEROUN) EN SEPTEMBRE 1945 : ÉCRASÉE DANS LE SANG !

Elle prend un tour violent à Douala, au Cameroun. Dans cette ville, c’est un soulèvement spontané de la classe ouvrière qui menace de débuter une véritable insurrection anticoloniale. Elle est écrasée dans le sang le 24 septembre 1945. Au début des événements, la grève des journaliers du chemin de fer pour laquelle le quartier populaire de Bou-Béri a pris fait et cause. C’est toute une population pauvre qui s’est mobilisée, armée seulement de bâtons, et a envahi le quartier de New Bell. Les Blancs réagissent à l’arme à feu, faisant immédiatement 80 morts et lançant une chasse à l’homme contre les militants ouvriers.

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Le 24 septembre 1945, une confrontation entre ce qu’on appelait à l’époque les “colons de combats”, venus avec le colonel Leclerc, et des Camerounais revendiquant leurs droits à l’activité syndicale et au minimum des acquis socioprofessionnels tourne au massacre avec l’achèvement, froidement, de dizaines de civils.

En septembre 1945, la confrontation entre les « colons de combat » et les Camerounais revendiquant leurs droits tourne au massacre à Douala, et de nombreux Africains sont à cette occasion « abattus dans le dos, le plus souvent avec des fusils de chasse ». Comme à Sétif, comme à Guelma.

En septembre 1945, ce sont les colons qui se sont révoltés. Du 5 au 8 spetembre, s’étaient réunis à Douala des planteurs et des exploitants forestiers venus de toute l’AOF qui s’alarmaient de la naissance du syndicat des planteurs africains et par la formation des syndicats d’ouvriers et de fonctionnaires. Le droit syndical pour les travailleurs africains, c’était bien plus que ce que ces colons pouvaient supporter ! D’une manière générale, ils craignaient toute vélléité des autorités françaises de réformer leur manière de surexploiter les populations africaines !

Le résultat de cette réunion avait surtout été de chauffer les esprits et de pousser tous ces colons à s’armer contre les populations africaines et à se préparer à faire un bain de sang contre elles…

L’Association des Colons du Cameroun décidait d’entrer en rébellion violente contre les clauses de la conférence de Brazzaville qui s’était tenue du 30 janvier au 8 février 1944 et qui supprimait les travaux forcés et le régime de l’indigénat dans l’AEF et octroyait aux colonisés le doit syndical et politique. Tout cela n’avait été qu’un calcul de De Gaulle pour retarder toute indépendance mais n’était pas perçu ainsi par les colons français d’Afrique !

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La conférence de Brazzaville écrivait en préalable : « Les faits de l’œuvre de la civilisation accomplie par la France dans les colonies écartent toute idée d’autonomie, toute possibilité d’évolution hors du bloc français de l’empire. La constitution même lointaine de self gouvernement est à écarter. » Le programme général confirme : « On veut que le pouvoir politique de la France s’exerce avec précision et rigueur sur toutes le terres de son empire. »

 

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