ETOUDI / L’ESCLAVE DE LA FRANCE ET SES OTAGES…

Manifestement, le président Paul Biya choisit de faire peu de cas du sous-préfet disparu de Batibo, Marcel Namata Diteng, et du délégué régional du MINAS Aaron Nimbom Yong, tous enlevés le mois dernier par les séparatistes de l’ADF (Ambazonian Defense Force) dans la Momo. Ces derniers ont été montrés dans des vidéos avec pour principale revendication: que soit montré en public le leadership séparatiste « ambazonien » de Sisiku Julius Ayuk Tabe kidnappé début janvier 2018 à Abuja par des sbires du régime Buhari et offerts à son homologue M. Paul Biya grâce à la haute main, dit-on, de Paris. Le prétexte le plus souvent avancé par les thuriféraires de M. Biya sur le sort malheureux de ces représentants de l’administration est le suivant : « On ne négocie pas avec les terroristes! » À défaut, « Ce n’est pas Paul Biya qui les a kidnappés! » Soit.

C’est clair : « refuser de négocier avec les terroristes » c’est comme enfoncer une porte ouverte. Mais il faut qu’on arrête un peu l’hypocrisie et la méchanceté gratuite du régime – finissant – de M. Paul Biya. Tout le monde n’a pas la mémoire courte des jouisseurs de Yaoundé. Tenez! 1. Avril 2013, premier dénouement. Quelques milliards de nos francs sont entrés dans des circuits sinueux du septentrion pour libérer 07 membres de la famille française Moulin-Fournier (photo) enlevés par Boko Haram le 19 janvier, lesquels ont fait l’objet de vidéos de la secte publiées les 25 février et 18 mars… 2. 1er mai 2014, une religieuse québécoise et deux prêtres italiens sont libérés deux mois après avoir été enlevés dans le septentrion « par des groupes armés » (source: Associated Press), annonce le ministère des Affaires étrangères de l’Italie qui en remercie M. Paul Biya. Il s’agit de Gilberte Bussière, Giampaolo Marta et Gianantonio Allegri tous kidnappés le 5 avril 2014… 3. Le 10 octobre 2014, 27 otages chinois et autres enlevés le 16 mai à Waza et le 27 juillet à Kolofata sont libérés… Avec plusieurs autres milliards… Aucune trace de combat n’est signalée ayant conduit à ces libérations coûteuses qui (c’était prévisible!) culminent par des passes d’armes séculaires entre les négociateurs de M. Paul Biya et les destinataires salafistes du juteux pactole.

Entendons-nous bien : on ne négocie pas avec les terroristes! Raison pour laquelle M. Biya refuse de libérer les cadres de son administration enlevés à leurs familles à Batibo… Soit. Mais si M. Biya a négocié à répétition avec la secte terroriste Boko Haram pour faire libérer des ressortissants étrangers en priorité, ça veut donc dire, pour tous, deux ou trois choses : 1. pour lui, cette secte salafiste nigériane n’est pas une secte terroriste et mérite qu’on négocie avec; à défaut, 2. dans la logique évoquée plus haut, c’est Paul Biya lui-même qui kidnappe dans le septentrion au compte Boko Haram!… Ou bien que, 3. pour M. Biya, président au service de la France, on ne peut faire libérer un otage que si il est Français ou simplement non-Camerounais — ce paradigme pouvant s’étendre à Patrice Nganang… Quant aux Camerounais, ils ne peuvent être libérés par M. Paul Biya que quand ils se retrouvent, par hasard, dans le même package que des étrangers à l’instar de la famille Amadou Ali et les Chinois.

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