IL N’Y A PAS DE JUSTICE EN TYRANNIE…

L’actualité récente est, malgré la guerre civile en région anglophone et les élections faméliques, dominée-que l’on veuille ou pas-, par la fameuse opération épervier.

Cette autre invention du tyran apparemment pour nettoyer le service public de la clique d’élites décrétés et parasitaires  »coupable » des infractions d’atteinte à la fortune publique mais, qui au fil du temps, s’est montrée comme une vaste opération de purge politique contre  »les menaces potentielles » aux supers pouvoirs du Prince.

Ce n’est pas seulement cette situation qui est tant déplorable mais, c’est l’idée et même la réalité, du crédit que semble accorder à cette opération et à son bras séculier qu’est le Tribunal Criminel Spécial (TCS) à la fois, les acteurs socio-politiques et surtout l’opinion publique camerounaise.

Il y a qu’à voir l’hystérie collective que suscite à chaque fois les vagues d’arrestations télécommandées depuis les hautes sphères de l’État et c’est le moins qu’on puisse dire, car dans les faits, c’est Paul Biya lui-même qui donnerait le quitus de la mise en branle de cette machine judiciaire.

Les  »constitutionnalistes » nous diront certainement que, Paul Biya en sa qualité de Président du Conseil Supérieur de la magistrature, est dans son  »rôle », Foutaises ! De quel rôle s’agit-il ? Le Conseil Supérieur de la Magistrature n’est qu’une instance deliberative qui n’incarne en rien, le pouvoir judiciaire dont la plus haute institution représentative est bel et bien aujourd’hui, la Cour Constitutionnelle autant le dire rapidement que les nominations et les sanctions disciplinaires du Tyran-par lesquelles dans le cadre du Conseil Supérieur de la Magistrature sont autant attaquables que des actes de l’Executif querellés auprès des Tribunaux que des Cours.

Le Cameroun ne devrait pas devenir une exception planétaire alors qu’il existe aussi des chefs d’État qui cumulent cette fonction sans pourtant nuire à l’indépendance de la justice consacrée par leur Constitution. Il manque seulement des magistrats à couilles et non des magistrats couillons et carriéristes qui se laissent caporalisés par le tyran. Mais, le mal est ailleurs disais-je. C’est ce chèque en blanc qui est ainsi donné à la justice tyrannique devant des actes judiciaires qui sont tout,sauf des actes de justice dans le vrai sens du terme.

Cette jouissance collective du fait des vagues d’arrestations ne devrait donc avoir aucunement lieu d’être étant entendu que cette justice la n’est pas indépendante et que si c’était le cas Biya lui-même ferait le premier l’objet , d’une information judiciaire sur les nombreuses affaires financières et criminelles dont il est régulièrement accusés par la clameur publique.

En conclusion, nous devons retenir qu’en tyrannie, la justice est aux ordres. Elle ne se met en branle que pour éliminer les adversaires ou menaces à son pouvoir. Pour illustrer son caractère scélérate, il est démontrer aujourd’hui que ceux qui sont emprisonnés par le tyran ne sont pas pires que beaucoup qui sont en liberté et narguent la république avec leurs trains de vie princiers et leurs immenses patrimoines. De ce point de vue, personne n’est à l’abri, quelque soit notre position sociale, nous pouvons devenir des victimes. Il urge donc de la contester/dénoncer et surtout appuyer ces magistrats rarissimes encore en mesure, de protéger, par leur l’indépendance de la justice. Sinon, ce n’est pas sous ce régime que la justice sera véritablement rendue au nom du peuple camerounais, il faut le balayer pour y espérer.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s