APRÈS 27 MOIS EN PRISON AU CAMEROUN DE BIYA, LE CORRESPONDANT DE RFI PARLE.

“Il faut avouer que je reviens de loin. J’ai été gardé au secret et permanemment torturé pendant 3 mois à la Dgre avant d’être transféré au tribunal militaire pour y être jugé par l’épouse de celui qui m’a séquestré.”

Le journaliste, arrêté alors qu’il couvrait la crise liée aux attaques de Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord, a été jugé coupable de «non-dénonciation d’actes terroristes» mais relaxé de l’accusation de «blanchiment de produits du terrorisme » en appel. Même si pour ses défenseurs, la justice camerounaise «n’a jamais eu la moindre preuve de sa culpabilité». Après 875 jours de prison, Ahmed Abba a été libéré le 22 décembre dernier.

1) — #Le monde célèbre la journée mondiale de la liberté d’expression dans quelques jours, quel est votre sentiment vous qui êtes journaliste et avez passé plus de 2 ans de votre vie derrière les barreaux à cause de cette liberté d’expression?

*****Il faut avoir été en prison pour comprendre la valeur de la liberté, en tant journaliste je dirai que mon sentiment est celui de l’oppression. Liberté d’expression suppose qu’on a le droit d’avoir ses opinions, de chercher, de traiter et de publier une information sans pour autant être inquiété mais dans mon cas en plus d’être inquiété j’ai été malmené pour mes idées pour mes opinions.

2) — #La justice camerounaise vous a accusé de non dénonciation et blanchiment d’actes de terrorisme, avec beaucoup de recul, que pouvez-vous dire à la population camerounaise aujourd’hui?

*****Il faut avouer que je reviens de loin. J’ai été gardé au secret et permanemment torturé pendant 3 mois à la Dgre avant d’être transféré au tribunal militaire pour y être jugé par l’épouse de celui qui m’a séquestré. On m’avait au préalable accusé de blanchiment des produits de terrorisme sans produire ce que j’avais blanchi, heureusement que la cour d’appel a finalement écarté ce motif pour garder la non dénonciation. c’est très honorant pour un journaliste que je suis d’être condamné pour non dénonciation, c’est rien d’autre qu’une preuve que je fais mon travail avec professionnalisme, d’ailleurs, la Cpj a salué ce travail en me désignant comme lauréat de leur prix 2017, ce n’est plus ou moins rien d’autre qu’une reconnaissance dans la profession et je profite une fois de plus pour les remercier du fond du cœur.

3) — #Que répondez-vous à ceux qui vous ont taxé d’être un journaliste à la solde d’une puissance étrangère, certains ont même dit que vous n’étiez pas journaliste?

*****C’est compréhensible parce que ça reflète l’image du journalisme et de la presse de ce pays. Toute la presse est à la solde du gouvernement donc c’est difficile de comprendre et même de faire comprendre que la liberté d’expression c’est dire ce qu’on veut ce qui est vrai sans avoir peur même si ça nous conduit en prison comme dans mon cas. Mais à ceux qui ont que je ne suis pas journaliste, je répondrai en disant tout simplement que j’ai été arrêté en exerçant mon travail de reporter de RFI l’un des plus grands médias au monde qui d’ailleurs s’est battu contre vents et marées pour me faire libérer. Une fois de plus je suis lauréat de prix Cpj 2017.

4) — #Vous êtes libre désormais, Quels sont à nouveau vos projets? Vous restez dans le métier ou vous vous dites j’ai échappé de justesse, je me retire…

*****Me retirer! Non! En me retirant ils auront réussi à emprisonner les idées, à m’empêcher de m’exprimer. C’est vrai on ne comprend le sens du mot liberté que quand à fait de la prison. Mais qu’à cela ne tienne ce métier c’est ma passion je vais continuer et je vais le battre pour que quelqu’un d’autre ne subissent pas mon sort.

*****En fin je profite de cette occasion pour remercier Dieu et remercier en priorité mes avocats le bâtonnier #Charles #Tchoungang et Me #Clément #Nakong, #Rfi, qui m’a soutenu sans faille de ma disparition jusqu’à ma libération. #Yves #Rocle, a effectué des déplacements périlleux pour moi. En réalité tous mes confrères journalistes de par le monde et les organismes de défenses des droits de l’homme tel que Cpj, Rsf, Amnesty International, La Francophonie, Cicr, ont vécu cette prison avec moi et m’ont permis de traverser cette étape très difficile. Beaucoup des personnes ont travaillés sans relâche il s’agit de tous ceux qui ont cru à mon innocence et je ne les remercierai jamais assez.

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