BIYA OU LA LOGIQUE DU COUP D’ÉTAT PERMANENT ET L’INGÉNIERIE DU CHAOS

PAUL BIYA AVAIT-IL PRÉVU SON COUP AFIN DE SE MAINTENIR AU POUVOIR ?

Force est de répondre par l’affirmative. Il s’agit d’un véritable coup d’Etat. 2018 devait en effet être une année électorale générale. Celui qui s’est permis de pisser et déféquer dans la culotte le 20 mai dernier en tribune présidentielle, devant les armoiries nationales avait pourtant augmenté à 50 milliards le budget des élections politiques (présidentielles, législatives et municipales), somme incluse dans le budget de 2018 et votée par le Parlement, comme en atteste la lettre du 20 novembre 2017 du SG de la présidence.

De plus, il a eu tout le temps, lui et son administration, pour préparer ces élections. Il aurait même pu avancer les dates en organisant des élections anticipées. Pourquoi reporte-t-il donc les élections législatives en prorogeant le mandat des députés d’un an? L’argument invoqué, c’est-à-dire le chevauchement des élections tient-il la route alors qu’il était connu d’avance que ces élections auront lieu en 2018 et qu’un budget de 50 milliards a été voté? De plus, en pratique, il est très possible d’organiser ces élections en 2018, si nécessaire avec l’assistance d’experts internationaux.

On l’a vu ailleurs. Il n’est pas tard. Si Biya avait invoqué la situation dans le Nord-ouest et le Sud-ouest, j’aurais pu comprendre. Mais se fonder sur le chevauchement des élections n’est pas convaincant alors que l’argent est disponible et le fichier électoral mis à jour. De plus, quand on regarde de plus près la révision constitutionnelle de 2008 et la modification de l’article 15 alinéa 4, le président de la République pouvant désormais proroger le mandat des députés non seulement en cas de « crise grave » mais aussi « si les circonstances l’exigent », circonstances qu’il est le seul à apprécier, on ne peut qu’en déduire que le « grand pisseur national » avait prévu son coup longtemps à l’avance.

On peut désormais parier que l’élection présidentielle n’aura pas lieu en 2018 non plus. Reste à trouver l’angle juridique permettant de mettre en perspective ce plan diabolique, à moins d’opter pour un passage en force… Laurent Gbagbo l’a fait en Côte d’Ivoire et est resté cinq ans de plus au pouvoir sans mandat, plongeant son pays dans une guerre dont les ivoiriens continuent de payer le prix. Avec le massacre génocidaire des anglophones et la guerre civile qu’il installe progressivement, Biya s’inscrit clairement dans ce schéma, conscient que sa réélection est impossible, même avec la fraude.

On installe la guerre pour se maintenir au pouvoir (l’ingénierie du chaos), en reportant les élections sur cette base (coup d’Etat). Ne le laissons pas faire.

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