LE CAMEROUN DE PAUL BIYA, UNE DICTATURE MILITAIRE ET POLICIÈRE

La violence, le crime, l’impunité… tels semblent être les leitmotivs des forces armées et police (FAP) du Cameroun. Celles-là même qui sont supposées représenter la loi, maintenir l’ordre et la paix, se révèlent les pires fauteurs de troubles notoires ; des criminels sans foi ni loi, à la solde du plus grand tyran d’Afrique.

Soyons bien d’accord ! Comment qualifiez-vous un pays où les revendications de l’opposition, des Étudiants, des Avocats, des Enseignants, des Médecins et autres travailleurs, pourtant garanties par la loi constitutionnelle, lorsqu’elles ne sont pas interdites, sont violemment réprimées par la police et la gendarmerie ? Comment qualifiez-vous un pays où les FAP, censées protéger le Peuple, se liguent contre lui, à travers de nombreux cas d’enlèvement, de séquestration, de tortures, d’exécutions sommaires sans autre forme de procès ?

Matraquer physiquement et psychologiquement ou restreindre abusivement les droits fondamentaux des citoyens, bref, opprimer le Peuple, c’est forcer son adhésion. Et forcer l’adhésion par la violence même « légale », c’est bafouer la Démocratie. Le mot dictature ici n’est donc pas une exagération. La loi du plus fort étant la meilleure.

J’ai entendu le colonel Badjeck porte-parole de l’armée déclarer : « l’armée a le monopole de la violence légale ». Or, le monopole ou la prérogative en toute chose, y compris la violence, s’accompagne toujours de la tempérance. Sans la maitrise, la force ne vaut rien. Autant armer un psychopathe. Paradoxalement, l’armée camerounaise se livre à des exactions par exemple l’exécution de ses prisonniers, sans que la « justice » intervienne. Bien au contraire, elle la protège. Le Peuple dans ce cas, a droit à la légitime défense en opposant la violence à la violence.

Il n’y a pas une violence légale, celle des FAP, et une violence illégale, celle des Ambazoniens. Malcom X est vrai et éloquent à ce sujet quand il dit que « la violence de l’opprimé n’est que le reflet de l’oppresseur ». Demander à quelqu’un de respecter celui qui ne le respecte pas, c’est tout simplement injuste et hypocrite.

C’est injuste, quand on sait que ce sont les FAP qui ont entamé les massacres de plusieurs dizaines de manifestants pacifiques, dont des femmes et des enfants. Jusque-là, aucun policier, aucun gendarme, aucun militaire ni aucun civile n’avait été tué par ceux contre qui ils livrent leur sale guerre. C’est hypocrite, lorsque certains incitent publiquement à la violence et à la haine en parlant de « dératisation », en appelant à l’assassinat et se réjouissant des massacres perpétrés par leurs milices.

Mais quand leurs victimes essaient d’en faire autant, il s’agit pour eux d’un crime de « terrorisme ». Alors l’indignation sélective achève de rappeler que, les sbires tués par les Ambazoniens, dans des ripostes revanchardes, sont des chefs de famille ou de jeunes hommes et femmes. Comme si les victimes innocentes de ces mêmes sbires étaient du batails. Aucune vie humaine n’est au-dessus d’une autre.

Les Ambazoniens ont raison de prendre les armes contre ces FAP-là. C’est un droit divin, moral et naturel de protéger sa vie et celle de ses proches, par tous les moyens. Puisque la tyrannie a toujours besoin de s’appuyer sur son armée afin d’exercer le pouvoir. Jusqu’au jour où la coupe des injustices déborde. C’est donc de l’armée que lui vient sa « légitimité » et non du Peuple. Pourtant, les Ambazoniens ont le suffrage quasi unanime de ceux qu’ils défendent.

Lorsqu’un Chef d’État Africain est conscient qu’il ne tire pas sa légitimité du Peuple, il ne gouverne pas avec les Institutions libres et démocratiques, mais par son armée. C’est à travers son escorte par exemple, qu’on distingue un despote qui sait que le Peuple le hait, d’un vrai dirigeant adulé par le Peuple. Le premier, vivant dans la psychose, se protège du Peuple. Son moindre déplacement fait penser à un état de siège. Le second par contre, protège le Peuple et en retour, c’est le Peuple qui le protège. Pas seulement l’armée, mais l’ensemble de ses compatriotes. A posteriori, l’armée d’un dictateur n’est jamais républicaine et professionnelle.

Au Cameroun de Paul Biya, la « grande muette » est au service d’un Régime presque quarantenaire, moribond, totalitaire et tribal. Une oligarchie rapace, sanguinaire et incompétente vouée à la ruine, et dont le statu quo plait aux puissances étrangères qui ne cessent de la armer contre le Peuple. Ceux qui soutiennent la tyrannie ou tirent profit d’elle, et encouragent les crimes des FAP, n’ont pas la faveur du Peuple, mais de la foule ; cette masse obscurantiste, laxiste, malléable et monnayable.

Nyëbë Edoa

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