Assassinat du missionnaire américain : un témoin oculaire accable l’armée de Paul Biya.

On approche peu à peu de la vérité sur les réels assassins d’un missionnaire américain dans la région anglophone du cameroun en proie à de violents affrontements entre groupes armés séparatistes et forces armées gouvernementales. Ces dernières sont en effet mises en cause par un témoignage difficilement contestatble.

La sortie vendredi du Colonel Didier Badjeck, porte-parole du ministère de la défense camerounais, qui a accusé les séparatistes anglophones d’être à l’origine de la mort brutale du missionnaire et humanitaire américain Charles Truman Wesco, tué de deux balles mardi à Bambui, dans la région séparatiste anglophone du Nord-ouest, n’a pas atteint l’objectif escompté : dédouaner l’armée camerounaise et faire porter aux partisans de l’indépendance de l’ancien Cameroun Occidental, le chapeau d’un crime, qui sent à mille lieues une tentative de manipulation ourdie par des stratèges des forces gouvernementales camerounaises.

Déjà, mercredi, soit le lendemain de la tuerie qui a coûté la vie au pasteur Charles Truman Wesco, des médias en ligne affirmant tenir l’information de l’épouse même du défunt, avaient révélé que le véhicule à bord duquel se trouvaient outre le défunt et son épouse, trois autres personnes, au moment du tragique incident , avait été la cible sans motif valable (interpellation ou sommation de s’arrêter) de tirs de l’armée camerounaise. Faute d’une déclaration du gouvernement, les chroniqueurs s’étaient également appuyés sur les dénégations de Chris Anu, porte-parole du gouvernement intérimaire de l’Etat d’Ambazonie que projettent de créer les sécessionnistes anglophones. Des dénégations qui accusaient les forces de défense et de sécurité camerounaises, coutumières de genre de méfaits dans le cadre du « génocide » auquel elles se livrent en zones anglophones.

A la suite du communiqué de presse de monsieur Anu le ministère camerounais de la défense est monté au créneau à travers son chef de la division de la Communication, le Colonel Didier Badjeck, pour affirmer que les tireurs qui avaient pris pour cible la voiture de Charles Trumann wesco étaient des éléments sécessionnistes, habitués à tuer des soldats camerounais et emporter leurs uniformes qu’ils arborent ensuite pour semer la confusion à chaque fois qu’ils commettent un crime. Pendant ce temps, des médias proches du gouvernement qui disaient tenir leurs informations de « bonnes sources  » affirmaient que le véhicule de l’Américain s’était retrouvé pris dans les feux croisés des sécessionnistes et des forces loyalistes, et qu’une analyse ballistique des munitions tirées sur le défunt prouvaient que celles-ci venaient des armes détenues par les sécessionnistes.

Une tentative puérile de se dérober qui en a fait rire plus d’un, et qui a été reléguée vendredi dans le registre des mensonges les plus grossiers, avec les révélations faites à nos confrères de Associated Press et Reuters par la belle-sœur du défunt Charles Wesco, qui a formellement accusé des soldats de l’Armée régulière du crime.

Joy Williams –c’est le nom de la jeune dame qui se trouvait elle aussi dans le véhicule que conduisait le pasteur baptiste de l’Indiana, père de 08 enfants (Daniel, Charles Jr., Joseph, Hudson Taylor, Stephanie Joyanna, Samuel, Caleb et Emmeline). Les autres passagers étaient Stéphanie (la veuve Wesco), et Don Williams, son beau-père.

La thèse de Joy qui a été auoparavant celle de sa sœur Stéphanie, semble d’autant vraisemblable, qu’après leur acte, les auteurs ont transporté le blessé dans au moins une institution hospitalière, avant son décès, ce que n’auraient pas fait des sécessionnistes, qui, dans une situation pareille, devaient plutôt penser à disparaitre de la circulation pour ne pas avoir à faire face à une contre-offensive de l’armée camerounaise pouvant surgir de n’importe où.

Que l’on évoque une méprise des militaires camerounais qui aurait pris leurs victimes pour des « terroristes » sécessionnistes comme ils en ont l’habitude (le chauffeur de l’opposant en a été victime au mois d’octobre et a été blessé au bras) aurait paru plus recevable de la part des autorités camerounaises en charge de la défense. Mais affirmer maladroitement que les tueurs sont des sécessionnistes qui ont déshabillé des militaires pour commettre le crime et le faire endosser à l’armée, a tout l’aire d’une moquerie.

Pour certains observateurs avertis, le crime du 30 octobre démontre à suffire que la déontologie dont se prévalent les Forces de Défense et de Sécurité Camerounaise envoyées sur lefront de la guerre contre les séparatistes anglophones est une déontologie du meurtre et des exécutions sommaires qui a déjà fait ses tristes preuves dans le septentrion du Cameroun où dans le cadre de la guerre contre la secte terroriste Boko Haram, les FDS a mis sur pied un « système des meurtres en série au faciès » depuis plusieurs années. Un autre commentateur cite une ONG qui fait état de ce que l’armée camerounaise a déjà tué environ 4000 personnes dans les régions anglophones depuis le début de la crise en décembre 2016.

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