LES AMBAZONIENS ONT ATTAQUÉ BANGOURAIN À CAUSE DU SOUS PRÉFET YEBGA NGOS.

Malgré la disproportion des moyens, les sécessionnistes anglophones répondent du tac au tac… par des enlèvements

Depuis mardi 27 novembre, des éléments extrémistes anglophones de la localité de Bangolan (arrondissement de Babessi, département du Ngo-Ketunjia) dans la région anglophone du Nord-ouest) procède à des enlèvements de personnes, des pêcheurs en l’occurrence, qui ont la particularité d’être des ressortissants de l’arrondissement voisin de Bangourain (département du Noun, région francophone de l’Ouest), auxquels ils ont désormais interdit l’accès sur les terres « ambazoniennes ».

Au moment où nous écrivons ces lignes, le nombre de pêcheurs Bamoun (ainsi appelle-t-on les ressortissants du Noun) enlevés par les séparatistes est estimé à 38 individus.

La raison de ces kidnappings ethniquement ciblés ? Le zèle du sous-préfet de Bangourain, Mathieu Brice Yebga Ngos qui, depuis pratiquement un mois, empêche les populations de Bangolan(Nord-ouest), de mettre les pieds dans son unité administrative pour y effectuer des transactions commerciales.

Le sieur Yebga Ngos, pour manifester sa détermination à appliquer à la lettre des recommandations (non écrites) de sa hiérarchie de Yaoundé de mener la vie dure aux séparatistes anglophones, aurait équipé d’armes à feu et blanches, des jeunes de Bangourain, avec pour mission de refouler de force et systématiquement toute personne en provenance de la localité de Bangolan qui transporterait une marchandise à l’effet de l’écouler à Bangourain, ou en transit pour tout autre arrondissement du département du Noun.

« Vous les Ambazoniens, vous voulez diviser le Cameroun, allez donc rester chez vous et faites la guerre là-bas » , entend-on les fous furieux éléments du « Comité de vigilance anti-ambazonien » mis sur pied par cet administrateur civil. C’est ainsi que des commerçants et paysans anglophones eux aussi malmenés dans leur existence par le mot d’ordre de villes mortes en cours dans la région du Nord-ouest, qui ont tenté d’aller vendre des denrées alimentaires dans le Noun dont l’arrondissement de Bangourain est la porte d’entrée, autrement dit le passage obligé, ont vu leurs produits renversé et littéralement foulés aux pieds dans le meilleur des cas, voire tout simplement confisqués pour le bonheur de leurs bourreaux, avant d’être obligés de retourner chez eux les mains vides.

Le comble ici est qu’une bonne frange de la population de la localité anglophone de Bangolan est constituée de Bamouns comme l’essentiel des populations du Noun francophone, et ne se trouvent être anglophones qu’en raison d’un découpage administratif : la preuve, l’arrondissement de Bangourain (département du Noun, région de l’Ouest) et la localité de Bangolan (arrondissement de Babessi, département du Ngoketunjia, région du Nord-ouest) ne sont séparés que par un ruisseau large d’à peine trois mètres.

Du coup les populations, de part et d’autre, même au plus fort de la crise sécessionniste, n’ont jamais ressenti la différence des langues héritées de la colonisation ou leurs situations sur la carte administrative du pays comme des facteurs de clivage.

La dernière chose à faire par ces temps difficiles serait de provoquer les Anglophones par des actes de discrimination, au risqué d’étoffer les rangs des sécessionnistes

Mais la discrimination instaurée par le sous-préfet avec l’aide de ses nervis furibards, en violation des dispositions constitutionnelles sur le droit de déplacement des individus au Cameroun, a eu le don de rappeler à la majorité non Bamoun de Bangolan qu’elle est décidément marquée des stigmates de l’anglophonie, et qu’elle n’apas d’autre choix que d’être solidaire des sécessionnistes anglophones. Conséquence de la cause, des groupes de vengeurs ont été formés à Bangolan en fin de semaine dernière, avec pour unique mission d’enlever tout Bamoun qui viendrait pêcher dans le très poissonneux lac « Mbewouon » qui se trouve dans leur localitéqu’il s’agisse des Bamouns natifs de Bangolan et y résidant depuis des générations, qu’ils considèrent désormais comme des « allogène » en raison de leur appartenance ethnique, ou des Bamoun venant justement de l’arrondissement de Bangourain ou de toute autre localité du Noun.

Ces enlèvements de pêcheurs bamoun qui se poursuivaient jusqu’à ce vendredi matin, portant à 38 le nombre de kindnappés depuis mardi, sont suivis de demande de rançon à verser par les familles des victimes, soit un million de francs pour les chefs de familles, et 500.000 francs pour les plus jeunes. Évidemment, mobiliser ces sommes relèvent de la gageure, et les familles ne savent pas comment se tirer du pétrin dans lequel les ont plongées un administrateur civil inconséquent dont le seul objectif est de paraître aux yeux de sa hiérarchie, comme un serviteur fidèle et acquis à la cause de l’éradication du mouvement sécessionniste. Sauf que son action, en réalité, renforce la sécession.

Mamafon Oumar

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s