COMMENT L’ENTREPRISE SATOM ET NGANOU DJOUMESSI MASSACRENT LES POPULATIONS DE BABADJOU ET LA MEZAM

D’entrée de jeu, ces images sont réelles et prises en temps réels Vous croyez qu’il s’agit de la poussiere ? Il s’agit ici du goudron écrasé et non de la simple poussière.

Les faits : Avril 2017, NGANOU DJOUMESSI va lancer les travaux de construction de cette route en grande pompe à Santa, champagne à l’appui, en pleine crise anglophone.

Évidemment, la réception n’était pas bonne, car ces anglophones, rusés plus que jamais, sentaient du louche.

4 mois après ce lancement « officiel », rien ne bouge. Même pas un bruit d’engin. Très inquiète, la population qui a du mal à gérer les nids de poules demande des comptes. La réponse est sans équivoque : on attend la saison sèche pour commencer à Toumaka (PK0 du projet).

La saison sèche ne tarde pas à venir. D’ailleurs elle a même anticipé cette année et est venue en Octobre 2017. Sur le terrain toujours rien.

Comble de malheur, l’entreprise SATOM décide, selon une technique qui dépasse même le créateur de goudron, de venir décaper le bitume existant, l’écraser à l’aide des broyeurs et déposer le même bitume broyée sur place : bonjour la poussière, non bonjour le goudron à inhaler à volonté. Il s’agit de la poussière-goudron.

Face à la criée des populations, surtout de Babadjou, l’entreprise commence à arroser pour limiter les dégâts. Un ouf de soulagement devrait s’observer. Mais que neni. Une route arrosée à 10h redevient poussiéreuse exactement 2h de temps après. Et quel arrosage même. Limitée aux marchés. Rien pour les autres tronçons.

Imaginez donc cette population dans cette poussière-goudron de Décembre 2017 à Avril 2018. 5 mois de consommation de goudron sans s’en rendre compte.

Fin de la saison sèche. La même question se repose : quand allez-vous commencer le bitumage, on a marre de cette boue : « on attendait la pluie. Il n’y avait pas l’eau. On va commencer les travaux d’ici mai ». Voilà mai 2018, rien. L’on observe les vas et viens des camions et des engins sans savoir d’où ils partent, ni d’où ils viennent. On constate seulement le nom du bourreau SOGEA SATOM inscrit dessus. Et effectivement, l’entreprise criminelle continuait son écrasage et dépose du goudron du côté de Mile 11 et ça devait continuer jusqu’à la plaque « Welcome to Bamenda ».

Voilà qu’en Août 2018, les populations de Babadjou décident de se faire entendre. Énervés par la coupure de lumière à Toumaka (qui dura un mois), ils décident de marcher pour se faire entendre.

La solution est rapidement trouvée : SATOM lance une  » campagne de sensibilisation » sur le tronçon du marché. Imaginez sur quoi porte la campagne ? le VIH/SIDA.

Mais selon eux, c’est très important et on va lancer les travaux d’ici peu.

Le commentaire le plus poignant était celui d’un benskineur qui a lancé direct : « la route là a le SIDA ? » Rions moins. La population s’est calmé et les congrès se sont bien déroulés.

Mais rien sur la route.

Septembre 2018 si la mémoire est bonne, en pleine préparation des élections, les sécessionnistes attaquent la base de l’entreprise criminelle située à Mile 11. Bilan : 4 camions et un engin brûlées. La route est aussi coupée.

L’aubaine est toute trouvée. Satom décide de l’arrêt définitif des travaux avec à la clé, licenciement de tout le personnel (environ 300 personnes mis en chômage). Le reste des engins est déplacé pour d’autres chantiers et la base vie est « vidangée ». Plus que 4 vigiles y passent la journée à chasser les mouches.

Selon les informations glanées par-ci et là, l’entreprise réclame la sécurisation de son matériel avant de remettre pied sur le terrain

Ça fait rire puisque toute la zone est supposée être sécurisée par l’armée.

Vous demanderez pourquoi cet article ? Évidement, c’est parce que nous sommes en saison sèche et les images que vous voyez montrent ce que vit la population devant les Maires affaiblis et désillusionné par une décentralisation jusqu’à présent restée dans les textes et les ministères. Arroser cette route pour limiter les dégâts dans les zones critiques coûterait plus de 4 millions la journée. Quelle Mairie de la zone peut-elle s’essayer ? Déjà qu’elles peinent à payer les salaires, Yaoundé ayant tout bloqué en haut.

Ce drame devient insupportable lorsque drapés dans les VxV8 avec la climatisation à 16°, les boss de Yaoundé passent à 160 km/h, couvrir les élèves avec une poussière qui s’élève par endroit, à une vingtaine de mètres de hauteur. Et si vous voulez avoir les larmes aux yeux, attendez le passage d’un camion de l’entreprise Dangote Cement qui livre du ciment à Bamenda : des élèves innocents drapés dans leur tenues de classe se trouvent couverts entièrement d’une poussière-goudron qu’ils inhalent en longueurs d’années. Quel est bilan sanitaire ? N’en parlons pas, de peur de faire revenir Jésus.

Plus de 3.000 élèves empruntent cette route côté Babadjou par jour avec un lycée bilingue de Babadjou pratiquement collé à la route. Tout le lycée est donc « dans la sauce », pour emprunter l’expression.

Il n’est pas rare de voir des élèves aller à l’école avec des couverture, pour se couvrir le corps une fois sorti de l’école

4- Même les locaux de la Mairie de Babadjou, nouvellement intégrée subissent de plein fouet le massacre. Primo, il n’est pas nécessaire de laver le sol. Car a peine commencé que la poussière a déjà repris ses droits sur le mètre carré lavé. Pire encore les secousses des camions de Dangote qui passent à vive allure sans se soucier de la poussière qu’ils engendrent menace à la longue de faire céder l’immeuble, qui aurait coûté plus de 200 millions et presque une décennie de travail.

Voilà un tronçon de la route nationale, la N°6, qui a été mis en chantier, il y’a 5 ans et rendu en 2019, même pas un mètre carré n’est réalisé.

Par contre on écrase le goudron pour faire inhaler sa poussière à plus de 100.000 habitants parmi lesquels plus de 10.000 élèves.

BORIS BERTOLT

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