LE PROBLÈME ANGLOPHONE AU CAMEROUN – POURQUOI LE CAMEROUN S’ENFLAMME.

Le problème anglophone a plongé le Cameroun dans une zone de turbulence depuis plusieurs semaines. Au-delà des velléités et des postures politiciennes, l’Etat et les élites doivent urgemment y trouver des réponses humaines et des solutions constitutionnelles définitives.
Au lieu d’être en train de rassurer et d’attirer des investisseurs en vue de son émergence en 2035, le Cameroun fait aujourd’hui face à des fléaux comme la corruption systémique, le chômage massif des jeunes, l’insécurité créée par les attaques de Boko Haram, etc. Et plus grave encore, en cette fin d’année 2016, c’est le problème anglophone qui risque de plonger une bonne partie du pays dans le chaos. Il revient aux autorités du pays et aux élites, sans distinction d’affinités politiques et loin de toute récupération politique, de prendre la mesure de cette crise, afin d’y apporter les solutions adéquates en toute responsabilité. Cela ne peut se faire que par le biais d’une médiation républicaine pour un dialogue franc et serein avec les vrais représentants d’une communauté Anglophone exaspérée mais pas désespérée, qui visiblement ne souhaite qu’être considérée et écoutée, au lieu d’être méprisée ou ignorée comme cela semble avoir été le cas jusqu’à présent.
I – Qu’est-ce exactement le problème anglophone?
Le Camerounais francophone moyen ne comprend toujours pas ce que veulent les Anglophones. Mais le pouvoir devrait bien comprendre et ménager ces derniers, au lieu de faire comme si le malaise anglophone n’était qu’une vue de l’esprit. Le problème anglophone, c’est un ensemble de revendications exprimées de diverses façons et à maintes occasions par les Anglophones du Cameroun. Leurs griefs, identitaires et linguistiques en apparence, interpellent les plus hautes autorités sur la forme même de l’Etat. En effet en octobre 1961, les Anglophones ont rejoint les Francophones pour créer une fédération à deux états, mais aujourd’hui ils ne sont plus que deux régions administratives sur les dix que compte le pays. Leurs réclamations devraient être reçues et examinées, acceptées ou rejetées, comme dans toute démocratie digne de de nom. Mais on ne peut pas leur opposer un silence méprisant, les accuser de se définir par rapport à une langue étrangère, ou même les menacer de répression policière. De telles réponses venant des représentants de l’Etat aggravent les tensions intercommunautaires dans un contexte où le droit à manifestation est reconnu à tous.
Les Anglophones du Cameroun ne sont pas tous ceux qui ont l’anglais comme première langue officielle, par opposition à ceux qui parlent le français comme première langue officielle. Comme l’a affirmé le Professeur Simo Bobda (2001), l’anglophonie au Cameroun est un concept plus ethnique, culturel et régional que linguistique. Cette définition exclut les Francophones installés depuis longtemps en zone anglophone même s’ils y possèdent des biens et des liens, comme nous l’avons analysé dans notre livre Cinquante de bilinguisme au Cameroun- Quelles perspectives en Afrique ? (L’Harmattan, Paris, 2010). Cette analyse exclut aussi les Francophones qui maitrisent l’anglais parce qu’ils ont acquis une éducation anglo-saxonne, ou étudié dans des établissements du sous-système anglophone qui prolifèrent en zone francophone. En clair, les Anglophones du Cameroun, c’est bel et bien une identité culturelle bien particulière, un espace géographique limité et un parcours historique spécifique, avant d’être une simple communauté linguistique. Avec cette clarification préalable, on peut mieux appréhender la nature et les contours du problème anglophone qui aujourd’hui fait monter la tension sociopolitique dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest du pays.
II – Un bref rappel historique
Lorsque la France et la Grande Bretagne remplacent l’Allemagne au Cameroun en 1916, cela crée des Camerounais de culture anglophone dans 1/5 du territoire d’une part, et ceux de culture francophone dans 4/5 du pays d’autre part. La minorité anglophone a été habituée à une certaine autonomie politique et culturelle par la colonisation britannique, tandis qu’en zone francophone la France a appliqué un centralisme administratif de type jacobin, doublée d’une assimilation linguistique et culturelle, même si le Cameroun n’était pas techniquement une colonie de la France. On comprend donc le malaise des Anglophones au sein d’un Etat fortement centralisé qui, pour le premier président francophone Ahidjo, facilitait le développement du pays dans la paix et l’unité. En 1961, le pays reconstitué n’avait pas d’autre choix que d’adopter le bilinguisme français-anglais adossé au biculturalisme. Il devenait ainsi en Afrique la terre de rencontre du français et de l’anglais, deux des langues les plus prestigieuses dans le monde.
En effet, le Cameroun réunifié allait bénéficier de tout le patrimoine linguistique du français (une belle langue d’origine latine parlée par plus de 400 millions de personnes dans le monde, pleine de raffinement, enrichie et défendue depuis 1539 par des générations d’écrivains et d’intellectuels, et présente dans plus de 70 pays et territoires). Le pays allait aussi bénéficier de l’énorme prestige de l’anglais (une langue parlée par plus d’un milliard de personnes dans le monde, qui s’impose dans des secteurs stratégiques comme la science et la technologie, la communication, la diplomatie, les affaires, etc.). Mais l’anglophonie, ainsi adoptée au départ comme une bénédiction, a finalement contribué à créer au Cameroun le problème anglophone. Pourquoi ? Juste parce que chemin faisant, le bilinguisme officiel s’est fourvoyé dans plusieurs travers: la loi du nombre a conféré la prééminence au français, malgré les dispositions constitutionnelles assurant une égale valeur aux deux langues officielles; la promotion du bilinguisme est restée minimale et juste scolaire, au lieu d’être systématique et portée par des lois linguistiques sectorielles comme par exemple en Afrique du Sud; le bilinguisme est finalement resté assez déséquilibré dans le pays parce qu’il ne s’appuie pas toujours sur le biculturalisme, étant donné que les individus, les institutions et même les autorités le considèrent juste comme souhaitable mais non obligatoire. Au bout du compte, les Anglophones sont socialement comprimés et pratiquement marginalisés, et ne peuvent donc ni enrichir ni impacter le système culturel dominant au Cameoun, d’où leur sentiment d’assimilation pure et simple par les Francophones. Rappelons à cet égard qu’en 1964 dans la revue culturelle Abbia, Bernard Fonlon, dans un article intitulé Construire ou détruire, exprimait déjà clairement ce malaise culturel des Anglophones: « Après la Réunification, on conduit sa voiture maintenant à droite, le franc a remplacé la livre comme monnaie, l’année scolaire a été alignée sur celle des francophones, le système métrique a remplacé les mesures britanniques, mais en vain ai-je cherché une seule institution ramenée du Cameroun anglophone. L’influence culturelle des Anglophones reste pratiquement nulle ».
Même lorsque des Anglophones occupent des postes importants, il faudrait des lois pertinentes et contraignantes pour protéger leurs spécificités linguistiques et culturelles. A ce propos, dans son livre intitulé Ma foi, le Cameroun à mettre à neuf (Véritas, Douala, 2011), l’Anglophone et cardinal, son Emminence Christian Tumi écrit: « Les ennuis quotidiens du Premier Ministre anglophone sur certains dossiers, le manque de respect répété, chronique et ouvert dont il est l’objet de la part de certains membres du gouvernement, aggravent une situation déjà fort embarrassante ». L’Etat ne peut donc pas utiliser le bilinguisme, à la manière d’un cache-sexe, pour occulter ses échecs criants dans la promotion des autres aspects pourtant essentiels de la convivialité socioculturelle entre les Francophones et les Anglophones.
III – Ce qui inquiète les Anglophones
La principale menace pour l’entité sociologique anglophone survient le 20 mai 1972: Ahmadou Ahidjo organise un référendum pour mettre fin au système fédéral en place depuis 1961. Au sein de la fédération, les Anglophones constituaient un état fédéré et géraient leurs propres affaires locales et régionales. Mais que valent les résultats d’une consultation organisée dans un contexte de parti unique et de dictature? La démarche d’Ahidjo n’était en réalité qu’une manœuvre pour neutraliser et assimiler les Anglophones, avec l’appui de la France. A ce sujet, dans son livre cité plus haut, le Cardinal Tumi raconte (à la page 33) qu’un diplomate français à Rome lui avait dit que la politique française au Cameroun consistait surtout à « faire disparaitre la culture anglo-saxonne de la minorité anglophone du Cameroun ».
En tout état de cause, les Anglophones ont eu le temps de voir, depuis mai 1972, sous Ahidjo et même après lui, les conséquences néfastes et concrètes de l’Etat unitaire sur leur statut en particulier: la marginalisation politique, l’impossibilité pour eux de diriger certains ministères-clés (Finances, Affaires Etrangères, Administration Territoriale, Education, Défense, etc.), des Francophones nommés autorités administratives en zone anglophone, l’animosité politique croissante entre les deux régions anglophones, la disparition de l’héritage culturel anglophone, le non-respect du Premier Ministre anglophone par des ministres francophones, la publication de la plupart des textes officiels uniquement en français, etc. C’est sans doute après avoir finalement compris l’énorme supercherie que John Ngu Foncha, qui avait conduit les Anglophones à la réunification, a démissionné dans les années 90 et exigé un retour au fédéralisme.
A partir des années 90 avec le multipartisme, les Anglophones voient s’effriter leur conscience de groupe. Après la All Anglophone Conference (AAC) et la rencontre des enseignants et des parents d’élèves anglophones organisées à Buea en 1993, les antagonismes politiques entre les deux régions anglophones sont exacerbés. Pire encore, à travers leurs élites et leurs chefs traditionnels, elles se livrent à une sourde et malsaine concurrence pour les faveurs de l’Etat central. La situation s’aggrave après le passage au pouvoir de deux premiers ministres – Achidi Achu (du Nord-Ouest) et Mafany Musonge (du Sud-Ouest) – en poste de 1992 à 1996 pour le premier, et de 19996 à 2004 pour le second. Ils disent et proclament que politic na njangi : la politique pour eux n’est un jeu d’intérêt, dans lequel le parti au pouvoir ne donne à chaque localité du pays que ce qu’elle lui a donné en termes de bulletins de vote. Cette curieuse conception mercantiliste, alimentaire et non-démocratique de la politique, ainsi conceptualisée par deux leaders Anglophones si haut placés, ouvre la voie à des grenouillages inavouables pour des postes de nomination à la mangeoire, au détriment des hautes valeurs humaines qui ont toujours caractérisé les Anglophones : la retenue, la probité, la transparence, l’honnêteté, le désintéressement et le respect du bien commun. Et c’est sans surprise qu’on voit des Anglophones eux aussi s’embourber dans la fraude, l’achat des consciences, la corruption des chefs traditionnels, le détournement des fonds publics, etc.
Concernant le système éducatif, une sérieuse menace du sous-système anglophone a été la francophonisation de l’enseignement technique et professionnel. En effet, les établissements de cet ordre d’enseignement en zone anglophone ont fonctionné depuis 1972 en français et avec les mêmes programmes qu’en zone francophone, et leurs élèves ont fait le CAP, le Probatoire et le Bac techniques comme en zone francophone, et ceci a continué même après la création du GCE Board. Plus grave, les enseignants de l’enseignement technique ont longtemps été majoritairement francophones jusqu’en 2009, l’année d’ouverture la première Ecole Normale Supérieure de l’Enseignement Technique à Bambili dans le Nord-Ouest. Par ailleurs, les Anglophones depuis l’époque coloniale ont toujours mis un point d’honneur à inculquer aux jeunes élèves les grandes valeurs civiques (la bonne moralité, la citoyenneté, l’ardeur au travail, l’obéissance, etc.). Cela se faisait à travers des cours bien élaborés de religion et de morale enseignés à tous les niveaux, dans l’enseignement public comme dans le privé laïc et confessionnel. Ces deux matières ont été officiellement disqualifiées en 1976 par un décret présidentiel comme critères d’admission à l’université ou à un emploi au Cameroun. Les Anglophones ont vu en cela une ferme volonté de l’Etat de francophoniser en profondeur leur sous-système scolaire.
Suite à la création des universités anglo-saxonnes après le constat des échecs massifs des étudiants anglophones dans les universités nationales pourtant bilingues, les Anglophones ont noté que les professeurs francophones étaient nommés pour enseigner ou même pour gérer ces établissements dits anglo-saxons. Ceci pouvait être aussi perçu comme une grave atteinte à l’identité culturelle spécifique des Anglophones. Une menace similaire a été la migration des milliers d’élèves francophones dans la zone anglophone, attirés par la qualité reconnue du système éducatif anglophone. En effet beaucoup d’élèves et de parents francophones ont découvert, après la création du GCE Board en 1993 et l’admission du Cameroun au Commonwealth en 1995, que les diplômes anglophones ouvraient plus de portes dans le monde que les diplômes francophones. Du coup, la France n’était plus la seule destination pour faire de bonnes études supérieures, et on pouvait étudier aux Etats-Unis, au Canada, en RSA, en Inde, etc. Et pour bien s’y préparer, rien de mieux que le sous-système anglophone. Ces nouveaux Anglophones, par la langue et la scolarité et non par la culture ou l’origine ethnique, en devenant plus nombreux, pourraient mettre en minorité l’anglophonie originelle.
IV – Ce qui relève de la responsabilité de l’Etat
Tels sont quelques-uns des constats amers faits par les Anglophones. Que devrait faire l’Etat camerounais, face à la montée en puissance du mécontentement et des récriminations des Anglophones ? Leurs griefs sont de nature identitaire, sociopolitique et linguistique, avec toutes les implications psychologiques imaginables. La première mesure à prendre est humaine et communicationnelle : trouver des médiateurs crédibles et intègres, capables de construire les ponts et de détruire les murs, pour faire dialoguer les protagonistes de la crise. Puis devra rapidement suivre une deuxième mesure plus technique et constitutionnelle : le toilettage constitutionnel. La constitution de 1996, en instituant un état unitaire décentralisé n’a manifestement pas réussi à créer le niveau souhaité d’harmonie nationale. La persistance et l’aggravation du malaise des Anglophones en est une preuve patente. Le Cameroun a manifestement besoin d’une forte unité nationale qui se conjugue avec une réelle autonomie des régions. Le système politique qui offre à la fois ces deux choses essentielles a déjà fait ses preuves dans d’autres pays du monde. Il fait la force des Etats-Unis, de l’Afrique du Sud, de l’Allemagne, et même du Nigeria. Il a pour nom le fédéralisme. Il permet aux élus placés à divers niveaux de responsabilité ou de contrôle – local, régional et fédéral – de gérer le pays au quotidien sur la base d’un Etat de droit, dans le strict respect de la transparence, de l’objectivité et de la responsabilité individuelle. Mais les experts et les constitutionnalistes camerounais peuvent toujours concevoir un fédéralisme plus adapté et mieux étoffé.
Les gouvernants et les gouvernés, pour faire avancer l’unité de la nation, devraient cesser d’agiter la francophonisation des uns ou l’anglophonisation des autres comme des épouvantails. D’ailleurs les gouvernés sont parfois en avance sur les gouvernants : de nombreuses familles francophones à Yaoundé et à Douala n’ont pas attendu le feu vert de l’Etat pour anglophoniser leurs enfants. Et elles ne s’en portent pas plus mal. L’avenir du pays est sans doute à une judicieuse anglophonisation/francophonisation des éléments culturels qui nous viennent soit de France soit d’Angleterre. Et si nos intérêts un jour nous commandaient de prendre ou d’apprendre de nouvelles façons de faire de l’Allemagne, de la Chine ou du Japon, refuserions-nous de le faire juste pour conserver notre identité de francophone ou d’anglophone? Il est temps que les Camerounais changent de logiciel, et bâtissent leur avenir d’Africains ouverts à la modernité dans un contexte mondialisé.
En effet, comme démontré dans notre récent ouvrage Time for Africa’s Emergence ? With Focus on Cameroon (USA, 2016), à l’ère de la mondialisation, notre émergence prendra appui plus sur notre géographie que sur notre histoire. En d’autres termes, nous devons savoir osciller dans l’équilibre entre l’enracinement et l’ouverture, c’est-à-dire entre nos racines camerounaises et nos ailes de la modernité. Notons déjà que le fédéralisme comme forme de l’Etat du Cameroun conviendrait non seulement aux Anglophones, mais aussi aux autres régions du pays dont les élites multiplient depuis des années des memoranda adressés au pouvoir central. Ces réclamations ouvertement régionalistes sont symptomatiques de l’aspiration des Camerounais à une meilleure répartition des richesses nationales, à une meilleure gestion des affaires locales, et à une meilleure prise en compte des spécificités régionales. Quelle région du Cameroun ne souhaiterait pas faire partie d’un pays intégré, bien géré et gouverné avec justice, dans lequel les citoyens, en harmonie les uns avec les autres, développent leur potentiel humain par le travail, en respectant leurs devoirs et en jouissant de leurs droits?
Conclusion
Aujourd’hui l’urgence pour l’Etat au Cameroun est d’apaiser le climat sociopolitique et de corriger certains dysfonctionnements institutionnels en vue de préserver et de parfaire l’unité de notre pays. Le problème anglophone (et tous les autres griefs similaires) n’est en réalité que le thermomètre qui révèle une température politique élevée (c’est-à-dire l’urgence de réformer en profondeur nos institutions pour améliorer notre vivre-ensemble). A cet égard et à titre d’exemple, le système éducatif est un formidable outil d’homogénéisation des générations montantes dans le respect de nos diversités régionales naturelles, et non une pépinière où des politiciens à courte vue peuvent semer les graines des divisions et des haines futures. Par ailleurs, ce que demandent les Anglophones (plus de liberté, plus d’autonomie, une gouvernance de proximité, etc.) est aussi bon pour les autres régions du pays. Au bout du compte, le problème anglophone est certes la manifestation du malaise d’une communauté aspirant à un mieux-être au sein de la nation, mais il est aussi révélateur d’un réel besoin légitime qui monte partout dans le pays. De toute évidence, on ne peut pas gouverner 22 millions de Camerounais en 2016 avec les mêmes réflexes, méthodes et institutions qu’en 1972, lorsque le pays n’avait que 6 millions d’habitants.
Sa’ah François Guimatsia

 

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