VICTOR KANGA : « JE TOMBE VICTIME DU DEVOIR BIEN FAIT »

Beaucoup ne le connaissent pas pourtant il est bel et bien entré dans l’Histoire ; mais hélas une histoire qu’on ne nous enseigne dans aucun cadre institutionnel.

Originaire de la région de Bafang, président de l’Association des étudiants camerounais à Paris à la fin des années 1950, élu député du quartier de New-Bell en 1960, ministre de l’Economie de 1961 à 1964 et des Finances entre 1964 et 1966, Victor Kanga apparait jusqu’à sa disgrâce comme une des figures de proue du gouvernement. Ahidjo le cite fréquemment en exemple, louant son sens du travail et du devoir, son patriotisme et sa fidélité au régime. Mais début 1966, alors que vient se refermer le congrès de Bafoussam et que se prépare la création de l’UNC, la bonne étoile de Kanga pâlit. Du poste prestigieux de ministre des Finances, il est rétrogradé à l’Information et au Tourisme.

Il devient ministre a trente-neuf ans. Mais exerçant comme ministre, au fil des années et du succès des hommes d’affaires camerounais, Kanga est progressivement indexé pour avoir ouvert le commerce de gros et demi-gros aux nationaux, principalement. Plus grave, il fait des petites choses pour le petit peuple ; par exemple il inaugure à Akonolinga un étang où l’on a introduit avec succès un poisson que la population décide de dénommer « kanga » [poisson qui est devenu depuis la mascotte du département du Nyong-et-Mfoumou] ;

il appuie une association d’élèves dans la finalité de leur trouver des bourses pour poursuivre leurs études en France. Kanga Victor est célèbre, c’en est trop.

« Je tombe victime du devoir bien fait » déclara Kanga.

Le 21 Novembre 1966, Victor Kanga est inculpé par le tribunal Militaire de Yaoundé et emprisonné à Yoko. Ainsi est écarté l’homme qui avait voulu incarner, au sein du premier gouvernement « postcoloniale » Camerounais, le vieux rêve pragmatique Bamiléké de développement autocentré qui revient toujours, presque comme instinctivement, chez tant des nôtres aussi bien au plan personnel que dans leur vision de la société.

Kanga décédera le 17 juin 1991 à l’Hôpital Général de Yaoundé, après 18 ans (1966-1984) de prison et de réclusion à Yoko et Bafang, et ensuite 5 ans (1985 -1991) comme PCA de INTELCAM qui deviendra plus tard CAMTEL.

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