CES CRIMES ET SCANDALES QUI ATTENDENT PAUL BIYA ET SON CLAN AU TRIBUNAL

37 ans de pouvoir. Autant d’années qui s’inscrivent en lettres de sang, de larmes, de cris de douleurs pour le peuple camerounais. Il

parait que dans les sectes et la magie qui sont des piliers de soutènement de cette « crapulocratie », faire souffrir et faire mourir

sont une règle pour renforcer son pouvoir. Et le clan Biya aime bien ça, il en jouit, il s’en réjouit. Même si son placard est plein de

cadavres et de scandales. Il va pourtant falloir que les victimes obtiennent justice. Que les générations actuelles et à venir en soit

averties pour demander que lumière soit faite et les coupables punis.

Ce dossier que nous vous proposons consiste à rafraîchir les mémoires

parfois trop oublieuses des millions de Camerounais. Car l’objectif des gouvernants dans leurs agissements hors-norme c’est aussi ça :

qu’on oublie, classe l’affaire et passe rapidement à autre chose. Et pourtant…

*PUSTCH D’AVRIL 1984 : DES EXECUTIONS SOMMAIRES ET AU FACIES

Au moment où Paul Biya est porté à la tête de l’Etat du Cameroun le 6

novembre 1982, toute la hiérarchie militaire, que ce soit à l’état-major des armées, à la gendarmerie, à la garde présidentielle,

à la police, dans les renseignements généraux, à l’alors Garde Républicaine (devenue Garde Présidentielle) est constituée d’originaires du Nord-Cameroun et de fidèles de l’ancien président,

Amadou Ahidjo. Paul Biya, le nouvel homme fort du Cameroun va engager une entreprise de déboulonnage des symboles de l’ancien régime notamment au sein du gouvernement, puis au sein de l’Union nationale

camerounaise (aujourd’hui Rassemblement démocratique du peuple camerounais, parti au pouvoir) pressé en cela par un carré de « repentis » qui le poussaient à liquider le passif légué par Ahidjo.

Sentant donc que leurs intérêts et privilèges étaient menacés, des

soldats de Garde Républicaine et des gendarmes ont le 6 avril 1984 entrepris de prendre le pouvoir par la force car comme l’ont estimé

les putschistes lors de leur discours à la radio circonscris à la seul

ville de Yaoundé : « Tout se passait comme s’il fallait se remplir les poches, le plus rapidement possible, avant qu’il ne soit trop tard ».

Après l’échec du coup d’Etat, le 1er mai 1984 des centaines de soldats et de gendarmes, tous originaires du Nord, ont été fusillé et les corps jetés dans des fosses communes à Mbalmayo et à Mfou à l’issue d’un procès expéditif. D’autres sont morts en prison. Les familles des victimes attendent toujours de la lumière autour de ces disparitions.

Tout comme l’on continue de se demander comment un tel coup a pu être perpétré alors que le 22 août 1983, Paul Biya a annoncé à la radio que les services de sécurité ont découvert un complot visant à le renverser. Et si c’était une affaire bien construite par les nouveaux

occupants du palais d’Etoudi pour liquider l’ancien régime et bien implanter le nouveau !

* « DECES » DE JEANNE IRENE BIYA : LE CLERGE CRIBLE DE BALLES

Jeanne Irène Atyam Monengombo. Elle fut la première épouse de Paul

Biya qu’il épousa en 1961 alors qu’il est étudiant en France et elle infirmière sage-femme. Mais le 29 juillet 1992, Jeanne Irène Biya est annoncée par les médias d’Etat morte des suites d’un cancer qu’elle trainait depuis des lustres. Jeanne Irène malade de cancer ? Qui peut

y croire alors que le jour même de sa mort, elle devait se rendre à Obala pour rencontrer des paysannes ? Quel est ce cancer qui entraîne une mort subite ? La vérité est que Jeanne Irène Biya a été assassinée

par les tueurs professionnels du régime Biya alors que son époux se

trouvait au sommet de la Francophonie à Dakar au Sénégal. Pourquoi a-t-elle été tuée ? Elle s’opposait aux pratiques sataniques et

sectaires de son époux comme nous le raconte feu Ebale Angounou, ancien soldat, dans son livre Sang pour Sang. Le « décès » de Jeanne Irène Biya a entraîné la mort de plusieurs membres de l’Eglise catholique que la défunte Première Dame a côtoyé. L’abbé Amougou qui a

célébré la messe des obsèques a été tué. Les sœurs religieuses qui lui

ont rendu visite avant sa mort ont été violées puis zigouillées et les corps jetés à Djoum. Le père Engelbert Mveng, autre confident de Jeanne Irène Biya a été retrouvé mort dans sa chambre le 23 avril 1995 à Nkolfane, dans une banlieue de Yaoundé, le crâne ouvert. Mais le pouvoir de Yaoundé continue de couvrir cette disparition de Jeanne

Irène Biya d’un halo de mystère. Jusqu’à quand ?

*EVENEMENTS DU 6 MAI 1991 A L’UNIVERSITE DE YAOUNDE : VOUS AVEZ DIT ZERO MORT ?

Que s’est-il réellement passé le 6 mai 1991 ? Nous sommes en pleine revendications du multipartisme au Cameroun comme dans pas mal de pays

africains francophones au cours de cette période. A l’Université de

Yaoundé, l’unique de l’époque, les conditions dans lesquels les étudiants se forment se dégradent de plus en plus. Ça grogne dans le campus. Une organisation d’étudiants dénommée « le Parlement » décide de prendre les devants pour porter la voix des étudiants qui déplorent

les conditions dans lesquelles les cours leur sont dispensés. De l’autre côté, une milice terroriste tribale, le CAFE, créée par le

régime Biya, s’occupait à espionner les étudiants contestataires et à

les livrer aux forces de l’ordre. C’est dans ce contexte que le 6 mai 1991, alors que les étudiants manifestent pour l’amélioration de leurs

conditions d’études, l’armée et les milices terroristes dites d’ « autodéfense » sautent sur le campus. Membre du « Parlement » des

étudiants à l’époque, Léon Tuam, aujourd’hui enseignant de français et écrivain basé aux USA, raconte dans une tribune libre publiée le 28

août 2013 par camerouninfo.net : « les militaires attaquèrent et

chargèrent les étudiants…ceux qui se sauvaient par le quartier Obili n’étaient pas assez chanceux, de même que ceux qui se dirigeaient le

long du marécage pour sortir au CRADAT…C’était des arrestations, des coups de gourdins et des coups de machette qui venaient jeter du feu sur des corps et âmes déjà profondément blessés dans la zone

marécageuse ». A l’issue de ces événements, le gouvernement, par la voix du ministre de l’Information et de la Culture de l’époque, Augustin Kontchou Kouomegni, déclara pince-sans-rire qu’ « il y a eu

zéro mort à l’université de Yaoundé ». Pourtant, voici ce qu’écrit Marie Emmanuelle Pommerolle dans son ouvrage Routines autoritaires et

innovations militantes. Le cas d’un mouvement étudiant au Cameroun : « le 6 mai 1991, alors que le campus est envahi par les forces de

l’ordre et que des violences ont lieu autour, plusieurs étudiants sont retrouvés morts. Le ministre de la Communication affirme pourtant qu’il y a eu « zéro morts », un mensonge – validé par une commission

ultérieure – qui reste gravé dans les mémoires ». Saura-t-on un jour ce qui s’est passé ? A moins que les placards plein de macchabés du régime Biya ne nous le révèlent. Mais tout reste jusqu’ici classé.

*COMMANDEMENT OPERATIONNEL : LES ESCADRONS DE LA MORT COURRENT TOUJOURS

« Je me rends compte que dans mon pays, l’armée n’a pas pour rôle de protéger le peuple, elle a pour rôle de terroriser le peuple, de faire

en sorte que ce peuple ait toujours peur. Alors on peut rester au pouvoir pendant 30 ans parce qu’on sait que ce peuple ne va jamais se

soulever », déclarait Me Jean De Dieu Momo dans un documentaire intitulé Les disparus de Douala et réalisé en 2006 par l’ancienne

journaliste de Cameroon Tribune Oswalde Lewat sur le Commandement

Opérationnel. C’était le Me Momo d’avant, avocats des victimes du

Commandement opérationnel. Rien à voir avec le lèche-botte d’aujourd’hui. Il parlait du Commandement opérationnel. Créé le 20 février 2000, le Commandement opérationnel était une unité mixte de

policiers, gendarmes et militaires dont le but était de lutter contre

le grand banditisme dans la ville de Douala. D’une unité de lutte contre les bandits de grand chemin qui semait la terreur à Douala, elle s’est muée en une machine à torturer et à tuer. Sur une simple dénonciation, des jeunes gens étaient arrêtés et conduits dans des

centres de tortures ou exécutés dans les banlieues de la ville de Douala. La goutte d’eau qui a débordé le vase fut la disparition le 23

janvier 2001 de 9 jeunes gens au quartier Bepanda interpellés par les hommes du général Mpay. Le clergé représenté par le cardinal Christian Tumi, alors archevêque de Douala, la presse, les organisations

nationales et internationales de la société civile, l’Union européenne tire la sonnette d’alarme sur la centaine de victimes, les charniers,

les centres de tortures, etc. C’est ainsi qu’en 2002, le Commandement opérationnel est dissout. 8 officiers de gendarmerie et de l’armée,

responsables de cette machine à tuer seront traduits devant le

Tribunal militaire. Mais à la fin, ils n’ont été condamné qu’à 15 mois de prison pour « violations de consigne » ! Quant au 9 disparus de

Bepanda, on est sans nouvelles d’eux jusqu’aujourd’hui. Même si le

gouvernement, dans un rapport remis au Comité des droits de l’homme des Nations Unies en 2010, a tenté de soutenir sans convaincre personne qu’ils se sont enfuis du côté du Nigéria.

*OPERATION EPERVIER : ENTRE GUERRE DE CLANS ET ASSASSINAT POLITICO-JUDICIAIRE

La période de lancement de l’Opération anti-corruption Epervier est importante à souligner pour se rendre compte qu’il s’agit en réalité

d’un jeu de massacre politique maquillée en poursuites pénales pour

malversations financières. En effet, c’est fin 2005, soit plus d’un an après la réélection de Paul Biya pour un dernier mandat (en l’état de la constitution à cette époque) que ce dernier lance l’Opération Epervier. Si l’objectif officiel est de fournir aux bailleurs de fonds internationaux des gages de bonne gouvernance en vue de l’atteinte du

point d’achèvement de l’initiative PPTE, l’agenda caché de ce couperet

judiciaire agité par le pouvoir de Yaoundé est d’éliminer toutes les

figures relativement jeunes, dynamiques, dévouées à la population, rigoureuses et compétentes du régime en perspective de la présidentielle de 2011. Bref c’est une période de lutte de clans et de guerre de rivaux politiques en vue de la succession de Paul Biya.

C’est ainsi que depuis février 2006, des anciens directeurs généraux

de société et des anciens ministres sont kidnappés et jetés en prison sur la base d’accusation mensongères et à la limite diffamatoire de

détournements de fonds publics. Paul Biya, quelques membres de sa famille, ses amis et autres confidents, pour confisquer le pouvoir,

utilise les renseignements généraux, le contrôle supérieur de l’Etat,

l’Agence nationale d’investigation financière, certains journaux à

leur solde pour les salir avant de laisser s’abattre sur eux le glaive

de la justice. Alors que la ménagère ne voit aucune retombée de cette

lutte contre la corruption dans son panier, le régime Biya continue dans sa propagande malsaine et hautement mensongère à donner l’impression d’un combat acharné et sérieux contre la corruption. Que

dire de la centaine de fonctionnaires embastillés de manière arbitraire depuis des années dans les prisons de Yaoundé, Douala et au

secrétariat d’Etat à la défense (SED) à l’issue de parodies de procès

qui violent les droits de la défense, le droit à un procès équitable et le principe de la présomption d’innocence ? Rendra-t-on justice à

ces pères et mères de famille dont les vies, les carrières et les

familles ont été brisées ?

*EMEUTES DE FIN FEVRIER 2008 : LA CENTAINE TUEE POUR LA CONSTITUTION

Le 31 décembre 2007, dans son message à la Nation, Paul Biya annonce une modification prochaine de la Constitution du 18 janvier 1996 qui en son article 6 (2), l’empêchait de se porter une nouvelle fois candidat à une élection présidentielle. La prochaine est prévue en

octobre 2011. Biya disait répondre à un appel pressant (des militants de son parti) venu des 4 coins du pays, lui demandant de se porter à

nouveau candidat. Dès janvier 2008, la tension monte. Pour les militants de l’opposition et de la société civile, il n’en est pas

question. Le pouvoir sort le muscle. En début février 2008, Radio Equinoxe et Equinoxe Télévision basées à Douala ainsi que Magic FM

sont fermées sur ordres du ministre de la Communication de l’époque,Jean Pierre Biyiti bi Essam. Ces médias privés sont accusés d’être le

porte-voix du front du non à la modification de la Constitution. Dans un contexte de flambée des produits de première nécessité, fin février

2008, les rues de Douala, Bamenda, Kumba, Yaoundé grondent. Au « non » à la flambée des coûts des produits de grande consommation est venu se

greffer le « non » à la modification de la Constitution. Le pouvoir de

Yaoundé répondra à ces émeutes de la faim de la manière la plus

violente qui soit. Le Bataillon d’intervention rapide, unité d’élite de l’armée camerounaise, va être déployée par le pouvoir de Yaoundé pour écraser cette révolte populaire dans le sang. Bilan de la

répression : 157 morts selon les organisations de défense des droits de l’homme. Une quarantaine de sources officielles. En avril 2008,

Paul Biya a sauté le verrou de la limitation constitutionnelle des

mandats présidentielle après avoir enjambé une rivière de sang. Du sang des innocents qui n’ont rien fait de grave que de dire non à une

escroquerie politique devant permettre à un seul homme de s’éterniser au pouvoir. Qui rendra justice aux familles des victimes ?

*AFFAIRE VANESSA TCHATCHOU : RENDEZ-LUI SON BEBE !

Le 20 août prochain, cela va faire 8 ans que la jeune Vanessa Tchatchou est toujours sans nouvelle de son bébé. A cette date, en

2011, la jeune élève de seconde dans un lycée de Yaoundé met au monde

une fille prématurée à l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Ngousso à Yaoundé. Ce bébé sera par la suite mis dans une couveuse.

Mais quelques jours plus tard, le nourrisson va disparaître de la

salle des couveuses. Chose curieuse, au lieu de chercher le nourrisson, de faire appel à la police ou à la gendarmerie pour retrouver les auteurs du vol du bébé, les responsables de cet hôpital

reste de marbre. Comme s’ils étaient de mèche avec les auteurs de ce forfait. Ce qui va déterminer la jeune mère à camper dans sa chambre

et sur son lit d’hôpital et à décider de n’en sortir qu’avec son enfant vivant. Les railleries du corps médical et les promesses

financières du directeur de cet hôpital à l’époque, Dr Doh Anderson Samah n’y changeront rien. Les organisations de la société civile, la presse nationale et internationale vont s’emparer de cette affaire

devenue une affaire d’Etat. La détermination de la jeune Vanessa Tchatchou fait trembler le palais d’Etoudi. Mais en mars 2012, elle

sera sortie de force de cette formation hospitalière pour être jetée dans la rue par des policiers de l’Equipe spéciale d’intervention

rapide (Esir). Traumatisée, Vanessa Tchatchou, faisant contre mauvaise fortune, bon cœur, va reprendre les cours sans son bébé. Ceux qui lui ont ravi ce bébé courent toujours.

*DECES DE PIUS NJAWE : ASSASSINAT DEGUISE EN ACCIDENT ?

Le 12 juillet 2010, le directeur de publication du journal Le

Messager, combattant acharné pour la liberté de la presse trouve la

mort par accident dans l’Etat de Virginie, aux USA. Pius Njawe prenait part à la Cameroon Diaspora for Change, une initiative des Camerounais vivant à l’extérieur qui consistait à réunir les militants de

l’opposition et de la société civile en vue d’élaborer des

propositions pour assurer une alternance pacifique à la tête de l’Etat du Cameroun. Deux versions des circonstances de sa mort par accident sont agitées. L’une évoque que le véhicule dans lequel se trouvait Njawe et qui roulait a été percuté par un camion qui arrivait derrière à vive allure. Une autre révélée par le chauffeur à peine sorti du

coma fait état de ce que le véhicule était garé sur le bas-côté de la chaussée avant d’être percuté par un camion fou. Toujours est-il que Pius Njawe est mort dans des circonstances suspectes qu’il va falloir

élucider un jour. Le directeur de Le Messager était déjà dans le collimateur des services secrets de Paul Biya. Son nom figurait sur

une liste de personnalité à éliminer avant la présidentielle de 2011.

Une liste dressée par la Sécurité militaire, les services de renseignement militaires.

*DISPARITION DE GUERANDI MBARA : ET LE PIEGE SE FERMA !

Pour Capitaine Guerandi Mbara Goulongo, Paul Biya était « un facteur polémogène, une source de conflictualité au Cameroun qui risque d’embraser toute l’Afrique centrale », comme il l’a soutenu dans une

interview accordée au journal Le Messager au sortir de la présidentielle de 2004. Ancien instructeur au sein de l’armée camerounaise, Guerandi Mbara Goulongo est l’un des rescapée de la

chasse aux sorcières lancées contre les présumés auteurs ou commanditaires du coup d’Etat d’avril 1984 contre le nouveau président de la République, Paul Biya. Grâce à un bienfaiteur bamiléké, Guerandi va se cacher au Cameroun pour se retrouver en juin 1984 au Burkina

Faso grâce à ses anciens camarades de l’Ecole militaire inter-armées de Yaoundé (Emia) que sont Thomas Sankara et Blaise Compaoré.Guerandi

va travailler au palais présidentiel de Kosyam comme conseiller spécial de Blaise Compaoré avec un passeport burkinabé au nom d’Amadou Diallo. Puis il va s’installer en France où nanti d’un doctorat en

sciences politiques, il continue à mener la lutte pour le changement au Cameroun. Ce qui n’est pas du goût du pouvoir de Yaoundé qui, à travers ses services secrets, l’ont à l’œil. Le piège du régime Biya va finalement se refermer sur Guerandi en avril 2013 à l’issue d’un

rendez-vous avec Georges Stackman, célèbre trafiquant d’armes et un colonel portugais à la retraite agent de la DGRE, services secrets

camerounais. Le rendez-vous sera fatal pour l’ancien sous-officier de l’armée camerounaise qui a cette occasion, sera endormi par un

somnifère dans un avion qui le conduisait au lieu de l’achat des armes. Le plan de vol va changer. L’avion va prendre la direction du Cameroun où, endormi, il est remis aux services secrets camerounais qui vont l’exécuter et l’enterrer dans un village situé sur la route

Yaoundé-Douala. Il s’agit d’un crime grave contre l’humanité dont Paul Biya et sa clique devront répondre car il s’agit d’un enlèvement d’un citoyen protégé par la Convention des Nations Unies de 1951 sur la protection des réfugiés.

*KIDNAPPING DE LEADERS INDEPENDANTISTES ANGLOPHONES AU NIGERIA : AFFAIRE D’ETATS

C’est l’un des plus gros scandales transnationaux de ces 5 dernières années. Ayuk Tabe Julius, ingénieur camerounais d’origine anglophone basé au Nigéria est vice-président d’une université américaine au

Nigéria. Quand la crise anglophone éclate en octobre 2016, il décide de se joindre à la lutte du peuple anglophone pour son indépendance

volée par la France via les régimes Biya et Ahidjo. Il est nommé à la tête du Southern Cameroons Ambazonia Consortium United Front (Scacuf). Ce mouvement appelle à une vaste manifestation le 1er octobre 2017 dans tout le Cameroun anglophone en vue de la proclamation de l’Etat

de l’ « Ambazonie ». L’appel sera suivi à 98% par les populations. Le pouvoir de Yaoundé panique et décide de faire d’Ayuk Tabe Sisiku et de tout le staff du Scacuf des hommes à abattre. C’’est ainsi que fin décembre 2017, René Sadi, alors ministre de l’Intérieur, se rend à

Abuja pour une mission secrète. Il est accompagné d’agents de la Sécurité militaire coiffés par le colonel voyou Emile Bamkoui, venus à Abuja à bord d’un avion militaire, le Hercule C130 pour récupérer le «

colis ». De sources dignes de foi, 250 millions de FCFA sont remis au Department of Secret Services (DSS), les services secrets nigérians

pour sous-traiter la capture des leaders indépendantistes anglophones. L’objectif est de frapper en plein cœur du leadership de la lutte du

peuple anglophone et partant, de tuer la lutte. C’est ainsi que le 5 janvier 2018, alors que les 12 leaders du Scacuf étaient assis sur la cour de l’hôtel Naira d’Abuja pour une pause de la réunion qu’il tenait au sujet de la situation des réfugiés anglophones basés à l’est

du Nigéria et de la crise anglophone, des individus armés non identifiés surgissent et arrêtent 12 leaders du Scacuf y compris

Sisiku Ayuk Tabe. Ils sont menottés, leurs yeux bandés et conduits à une destination inconnue. Deux semaines plus tard, 10 d’entre eux (les

deux autres étaient naturalisés nigérians) sont conduits dans le Hercule C130 qui les transportera à Yaoundé pour être jugés. Depuis lors, leur procès au Tribunal militaire de Yaoundé traine, traine et traîne. En réalité, c’est Paul Biya et son régime qui répondront de ce

cas de crimes contre l’humanité pour enlèvement de réfugiés et demandeurs d’asile en violation de la Convention de Genève de 1951 sur la protection des réfugiés.

*MASSACRES DE MENKA-PINYING : CES « TERRORISTES » QU’ON SACRIFIA !

25 mai 2018.En plein conflit anglophone. Au levée du jour, les populations du village Menka Pinying, dans l’arrondissement de Santa

(nord-ouest du Cameroun) se réveillent dans l’horreur et la stupeur. Les corps d’une trentaine de jeunes gens gisent sur la cour du village

et dans un motel. Un autre corps d’une jeune fille pend, la main suspendue sur le plafond du motel. Il venait d’être abattu par des

hommes armés. Pour le pouvoir de Yaoundé, il s’agissait de terroristes

sécessionnistes neutralisés par une unité mixte de policiers, gendarmes et militaires après qu’ils aient pris des personnes en

otage. Pourtant il s’agit de jeunes gens piégés et tués par des hommes armés en civil avec la complicité du chef traditionnel de Menka. Ces jeunes gens formaient un groupe de faux combattants séparatistes

sponsorisés par des élites de la localité dont l’actuel ministre de l’Intérieur, Paul Atanga Nji, pour kidnapper des villageois et exiger

des rançons en se faisant passer pour les « Amba Boys ». Mais au lieu d’accomplir la mission, ils se sont servis de cet argent pour terroriser les populations et les chefs locaux, aller dans les boîtes

de nuit avec les petites filles, etc. C’est pourquoi ils ont été tués plutôt que jetés en prison de peur qu’au tribunal, ils ne dévoilent

les collusions entre eux et l’élite locale basée à Yaoundé. Mais d’autres informations font état de ce qu’il s’agit d’un sacrifice humain en perspective de l’arrivée au Cameroun de l’Ordre Souverain de Malte. Toujours est-il qu’il va falloir que les responsables de ce massacre en répondent un jour.

Par Michel Biem Tong, web-journaliste exilé

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